Le 24 septembre 2024, Karine Sinewami, gardienne de la paix et épouse d’Hippolyte Sinewami, grand chef de La Roche, a lu « la déclaration unilatérale de souveraineté des chefferies ». Exclue de ses fonctions par le ministre de l’Intérieur pour une durée de deux ans pour cette prise de parole publique, la fonctionnaire a perdu son recours devant le tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie.
Elle a manqué à son « devoir de réserve » et à « l’obligation de neutralité » qui incombe à chaque fonctionnaire. Le 24 septembre 2024 devait être un grand jour pour les chefferies kanak. À l’initiative de « Inaat ne Kanaky », le Conseil des grands chefs de Nouvelle-Calédonie avait proclamé unilatéralement leur souveraineté sur leurs terres coutumières. Cette « proclamation de souveraineté », signée à Maré par 28 chefferies sous les yeux de représentants des peuples fidjiens, maoris et vanuatais, devait constituer « un message fort adressé à l’État ».
La date choisie était tout sauf un hasard : jour férié, le 24 septembre marque la prise de possession de l’île par la France, en 1853. Longtemps elle fut célébrée par les indépendantistes comme un jour de « deuil du peuple kanak », avant d’être officiellement reconnue comme une Fête de la citoyenneté à partir de 2004.
Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche


