Richard Poarairiwa a été intronisé président du Sénat coutumier. Des chants, des danses, mais surtout le drapeau du FLNKS l’ont accompagné pour donner le ton de cette mandature. Et dans son discours de défense de l’identité kanak, le nouveau président évoque la nécessité pour la coutume « d’entrer dans la modernité sans renier l’identité kanak ». Il n’aura pas été le premier à vouloir confronter l’organisation sociale kanak aux exigences de la modernité, c’est-à-dire aux réalités du monde, qu’on les accepte ou non, et qu’on en veuille ou non. C’est d’ailleurs le danger souligné par l’anthropologie qui alerte sur la nécessité pour les peuples premiers de faire coïncider au mieux ou le plus possible leurs systèmes organisationnels aux exigences redoutables de la modernité, au risque de disparaître. Ce combat, pour autant que l’on considère que cela en est un, est bien plus important que celui de l’indépendance, parce que la modernité du monde, qui emporte parfois tout sur son passage, ne disparaîtra pas au motif que le drapeau tricolore aura été abaissé. La question est donc complexe, et peut-être n’a-t-elle- même pas de réponse. Toujours est-il que les sénateurs coutumiers et l’institution n’ont pas encore trouvé de solution. Ce qui ne signifie en aucune manière qu’il leur faille renoncer à la réflexion et au travail.
Lucien Lacombe

