Maison de la Nouvelle-Calédonie : ça ne s’arrête jamais

La MNC, association dissoute, met en vente aux enchères 200 objets d’art lui appartenant, chez Drouot, prestigieux hôtel des ventes parisien.

La Maison de la Nouvelle-Calédonie n’existe plus. Beaucoup l’ont pleurée bien qu’il suffisait de mettre le nez dans les comptes (réels ou officieux) pour comprendre pourquoi la Nouvelle-Calédonie dernier financeur encore en exercice, ne pouvait plus assurer le fonctionnement parfois dispendieux de cette association. Toujours est-il que sur la page Facebook de la MNC, il est indiqué que cette vente aux enchères « sera la toute dernière manifestation officielle de la Maison de la Nouvelle-Calédonie Paris ». 200 objets d’art, art kanak, peintures, sculptures dont les mises à prix s’étalent de 2 500 à 72 000 francs, vont donc être vendus.

Mais pourquoi cette question ? C’est bien la question que tout le monde se pose d’autant que pour l’essentiel, ces 200 objets ont été offerts à la Maison de la Nouvelle-Calédonie, soit par les artistes eux-mêmes soit, nous dit-on, par « d’autres îles du Pacifique, offertes à la MNC en remerciement de son accueil ». Dans ces conditions pourquoi cette vaste collection doit-elle être vendue ? Peut-être eut-il été envisageable qu’elle fut donnée soit au Centre Tjibaou soit au Musée de la Nouvelle-Calédonie, et par ailleurs à qui ira le produit de cette vente aux enchères? Une vente aux enchères qui intervient après une grande « braderie » au cours de laquelle le 6 avril dernier, la MNC a bradé son mobilier et ses équipements. Créée en 1989 aussitôt après la signature des accords de Matignon, la MNC avait pris une autre ampleur en 2006, sous la gestion de L’Avenir ensemble aux affaires à l’époque, en s’installant dans de nouveaux locaux dans le très chic Ier arrondissement de Paris, à deux pas de l’Opéra Garnier, et loués, semble-t-il, à un fonds de pension israélien.

300 millions par an

Les coûts de fonctionnement de la MNC avait fini par atteindre 300 millions de francs par an. Outre le loyer pour le moins élevé, la Chambre territoriale des comptes (CTC) avait également mis en évidence, dans un rapport de 74 pages publié en 2021, les rémunérations « avantageuses » des salariés de la MNC, et notamment celle de son directeur, ainsi que de nombreux avantages (voyages, logement, frais de mission…) dont ils bénéficiaient. Le rapport dénonçait également la structure juridique de la MNC dont le caractère « associatif » pouvait paraître douteux au regard du montant important des subventions publiques obtenues chaque année. Il se dit aussi que pendant un temps, le budget de la Maison de la Nouvelle-Calédonie fut parfois ou souvent sollicité par des élus calédoniens de tous bords en mission à Paris. Clairement, la MNC était arrivée au bout de l’exercice et a enregistré au fil de l’eau le retrait de ses financeurs provinciaux, y compris celui de la province Sud qui, un temps, avait même envisagé de créer à Paris sa propre représentation. Cette vente aux enchères est donc le dernier épisode du fonctionnement de la MNC qui aura fait couler beaucoup d’encre et coûté beaucoup d’argent.

Légende photo : La Maison de la Nouvelle-Calédonie dans le Ier arrondissement de Paris.

Nicolas Vignoles

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