Le voleur de voitures ne parle plus

Il ne faisait pas parler de lui, puis s’est mis à enchaîner les délits. Le tribunal se demande pourquoi et n’a pas encore la réponse.

La justice n’aime pas quand on ne prend pas en compte ses avertissements. Dans le cas de cet homme qui devait être jugé mardi matin par le tribunal correctionnel de Nouméa, il faut pourtant se rendre à l’évidence : les sanctions n’ont aucun effet. Aussi, peut-être, parce que le prévenu est dans une mauvaise passe. Car, sinon, comment expliquer cette histoire ?

L’homme, casier judiciaire vierge, s’est retrouvé, en peu de temps, trois fois au tribunal de Koné, condamné « en CRPC », c’est-à-dire en comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, pour « des vols, surtout des vols de voiture, quasiment tous les jours ». Interpellé à plusieurs reprises, « il a vu le juge le 7 mars », quittant les lieux avec une condamnation à six mois de prison avec sursis, puis « le 12 mars », avec cette fois une peine de six mois de prison ferme (sans incarcération immédiate) plus six mois avec sursis (avec une période probatoire de deux ans). Là, « en sortant du tribunal », le 12 mars, raconte la présidente de l’audience mardi, l’homme aurait, quelques heures plus tard à Nouméa, commis un nouveau vol de voiture. C’est ce qui lui est reproché. Étant donné la répétition des faits dans un délai court, il a été, le 14 mars, placé en détention provisoire en attendant son jugement pour ce dernier vol.

Jugé irresponsable ?

Présentant des troubles psychologiques, l’homme a été envoyé au CHS (centre hospitalier spécialisé), à Nouville. Selon les éléments du dossier, il y serait « mutique », précise la présidente du tribunal, Hélène Gaillet, évoquant « une possible abolition du discernement », auquel cas il serait jugé irresponsable. « C’est l’expertise psychiatrique », demandée depuis son incarcération mais pas encore réalisée, « qui pourra le dire ». Le procès, prévu mardi, n’a ainsi pas pu se tenir, d’autant plus que le prévenu était absent. L’escorte policière s’est présentée au Camp-Est mais ne l’a pas trouvé, puisqu’il est au CHS, établissement psychiatrique pour lequel les forces de l’ordre ont besoin, pour y récupérer un détenu, d’une autorisation spéciale, donnée non pas par le parquet mais par le Haut-commissariat. De plus, son avocate, qui prend la suite d’un confrère dans cette affaire, n’a encore « jamais rencontré » son client, dont aucun détail n’a jusque-là été révélé. Le dossier a été renvoyé au 7 mai. D’ici là, le prévenu reste privé de liberté, le tribunal motivant sa décision par un « risque de réitération ».

Anthony Fillet

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