Il règne en Nouvelle-Calédonie une atmosphère de fin de je ne sais quoi. Ça se voit à des riens : on manifeste, on colloque, on citoyenne, on assemble, on se persuade surtout de l’inanité de la démocratie représentative au profit de la « démocratie participative » ! On fait donc croire au peuple que les citoyens ont plus de choses à dire et certainement plus intéressantes, que ceux pour lesquels ils ont pourtant voté. On fait croire au peuple qu’il est le plus à même de nous sortir de la crise, de recréer le lien, d’asseoir enfin le destin commun, d’assumer le vivre ensemble. On assène aux citoyens pour les convaincre qu’ils sont meilleurs que leurs élus, que la démocratie, c’est le pouvoir au peuple, alors que c’est le pouvoir par le peuple. Le rempart à la dictature, c’est l’élection, c’est bien pour ça que le premier devoir d’un despote en dictature est de supprimer toutes formes de scrutins. Le pouvoir au peuple, ça donne la terreur révolutionnaire ou la dictature du prolétariat. Mais c’est dans l’air du temps que de promouvoir ces turpitudes démocratiques, et c’est souvent le fait de partis, de mouvements ou de personnalités qui sont arrivés au bout de ce qu’ils pouvaient avoir comme idées. Mais à la fin, si le peuple ne s’est pas révolté comme pourrait le lui laisser accroire la ritournelle d’être représentatif, force reste à l’élection, seule opération qui assoit la vraie légitimité du pouvoir.
Nicolas Vignoles




