Ce week-end, le Palika réunissait une assemblée générale extraordinaire. Il y a été fait le constat qu’à la suite du vote à l’Assemblée nationale, il y avait une nouvelle donne sur la table.
A l’ordre du jour de cette réunion, un point de situation sur les discussions sur l’avenir institutionnel, avec le retour de la mission à Paris, et les échéances électorales, à savoir les provinciales. Au sein de l’UNI, le Palika s’inscrit dans le cycle de discussions initié par le Premier ministre Sébastien Lecornu, et qui doit se poursuivre cette semaine, toutefois le Parti de libération kanak dresse un constat que l’on est désormais dans une grande incertitude.  « Ce qui a été présenté, nous a confié Judickaël Selefen, porte-parole du Palika, c’est le fait qu’à la sortie de la motion de rejet qui a été adoptée à l’Assemblée nationale, une nouvelle situation s’est ouverte. Nous ne sommes plus dans le calendrier de l’accord que nous avons signé. Nous sommes face à une nouvelle difficulté, qui s’impose à tout le monde, y compris à l’Etat. Il faut, aujourd’hui, jalonner la suite. On sort d’un calendrier et il faut en construire un nouveau que l’on n’avait pas prévu ». Et d’expliquer que la seule certitude aujourd’hui, c’est la tenue prochaine des élections provinciales. Pour le Palika, les discussions ont changé d’âme dans le sens où l’on ne sait rien de ce qui pourrait se passer après les élections provinciales. Pour Judickaël Selefen, il s’agit de « voir comment on poursuit ces discussions, comment on garantit de pouvoir continuer ces discussions tout en passant l’étape des provinciales. Il faut se frayer un chemin pour essayer de garantir et d’éclaircir la suite. C’est ça le chantier, c’est ça l’enjeu des discussions avec le Premier ministre ».
Un Congrès extraordinaire début mai
D’une certaine manière, le Palika s’inscrit dans un processus qui est pour l’instant inconnu. Une situation qui réclame donc des éclaircissements. Pour le porte-parole du Palika, « l’éclairage va venir de la poursuite des discussions avec le Premier ministre ». « Il s’agit aujourd’hui de discussions et rien n’a été formalisé. On essaie de trouver des pistes et des compromis. D’autant plus qu’il y a encore plusieurs questions autour des provinciales. Même si on a une date au plus tard à fin juin, la date reste en suspens. Tout comme le corps électoral de ces provinciales. Voilà la nouvelle situation qui est devant nous. Est-ce qu’on peut passer l’écueil de ces provinciales, en traitant la question du corps électoral, tout en garantissant la suite ? »
Lors de cette assemblée générale extraordinaire, il a été décidé de poursuivre les discussions avec le Premier ministre, mais aussi de convoquer un congrès extraordinaire début mai. « D’ici là , assure Judickaël Selefen, l’assemblée générale a quand même demandé aux structures de préparer les provinciales, de s’organiser, de faire le travail d’organisation, de redynamiser les structures pour préparer le chantier des provinciales. Et la stratégie, elle va être décidée lors du congrès extraordinaire ».
Une présence remarquée
Ce qui a marqué aussi cette assemblée générale extraordinaire du Palika, c’est la présence de Paul Néaoutyine. Le président de la province Nord, réélu maire de Poindimié, a récemment pris position contre l’accord de Bougival, ce qui a suscité bien des commentaires. « Il n’y a pas eu de débat, a assuré Judickaël Selefen. Paul Neaoutyine reste un militant du parti. Il a exprimé son libre-arbitre et c’est à chacun d’en tirer les conséquences. Mais le parti a demandé au commun de continuer, de poursuivre. La préoccupation aujourd’hui, compte tenu de cette situation, c’est de savoir comment on préserve les fondamentaux, comment on préserve les acquis. Donc, c’est vrai que sa présence a été bien appréciée par le parti et tous les militants. Mais ça reste une assemblée générale comme une autre, où tous les militants sont invités à participer ».
N.V.



