C’était un peu comme si les partis politiques découvraient d’un seul coup que le 28 juin c’est demain. Aussi dans les états-majors, sans trop vouloir le montrer, on est en train de se dire que la campagne va être sacrément courte et qu’il faut peut-être maintenant se presser. D’abord pour établir un programme, même si chez certains ça ne semble pas être le cœur du problème, mais surtout pour établir la liste, la fameuse liste, la précieuse liste. Le souci dans une liste, c’est qu’il y a toujours plus de candidats que de places, surtout de places éligibles, dès lors cela devient compliqué de satisfaire toutes les ambitions et de caser tous ces gens persuadés chacun qu’ils sont « the right man at the right place ». Et puis ça demande de passer du temps en tractations en tous genres, alors il arrive que l’on croise ici ou là , tel ténor en compagnie de telle autre personnalité qui, avec des mines de conspirateurs, élaborent stratégies, plans, combinaisons, intrigues, manœuvres, avec l’espoir de la victoire et donc du pouvoir. On a bien vu ces derniers temps, combien la question de la liste devenait primordiale, et cela transcendant tous les camps, indépendantiste, non-indépendantiste, nouvelle voie, à tel point que l’on a hâte de savoir ! Mais nous serons bientôt fixés, les élections vont vite arriver maintenant. Et cela créera d’ailleurs bien d’autres difficultés, parce qu’après ces provinciales, que se passera-t-il ?
Nicolas Vignoles



