Des réunions qui se poursuivent 

Le FLNKS réunit ce samedi, à Poum, une convention nationale. Il y sera question pour l’essentiel des discussions auxquelles le front participe avec le Premier ministre, Sébastien Lecornu.

Et ces réunions, semble-t-il, doivent se poursuivre. On attend en effet toujours les propositions de l’État concernant les deux problèmes en cours. L’État doit en effet dire si les élections provinciales fixées au 28 juin prochain se dérouleront avec un corps électoral gelé ou s’il entend lancer une procédure, et l’on ignore laquelle, pour dégeler partiellement le corps électoral. L’État doit également dire s’il entend organiser la consultation des Calédoniens pour ou contre Bougival et si oui, quand. Jusqu’à présent, les trois réunions que Sébastien Lecornu a présidées, d’une part avec le FLNKS et d’autre part avec les signataires de Bougival, ont surtout consisté à prendre le pouls des intentions des uns et des autres, et à faire le point avec eux de l’état d’esprit des groupes politiques nationaux que Matignon devait contacter.  

Niet !

Sébastien Lecornu est au fait de l’état d’esprit des Loyalistes, du Rassemblement et de l’UNI. Les deux premiers mouvements ont réaffirmé d’une part qu’il était hors de question de négocier avec le FLNKS, dont le président est sous le coup d’une procédure judiciaire pour son rôle présumé dans l’organisation et le déclenchement des émeutes du 13 mai 2024, et d’autre part qu’ils étaient totalement opposés au fait que les provinciales se tiennent avec un corps électoral gelé. De son côté, l’UNI a dit et redit qu’il réclamait la mise en Å“uvre totale de l’accord de Bougival. Restait à savoir ce que pense le FLNKS qui, un peu à la surprise générale, à commencer par celle de ses militants, a repris les discussions avec l’État, acceptant même qu’elles se tiennent sans la présence de son président Christian Tein. Sollicité par le Premier ministre sur ses intentions, et surtout sa capacité à « faire un geste » notamment sur la question du corps électoral, le FLNKS a répondu par courrier aux attentes du Premier ministre. Dans ce courrier de deux pages signé de Christian Tein, le FLNKS n’aborde que la question du corps électoral, pour dire et répéter qu’il est pour lui hors de question d’y toucher. « Sur la question du corps électoral, écrit Christian Tein, notre position est ferme et ne souffre d’aucune ambiguïté : les élections provinciales doivent se tenir avant le 28 juin 2026 avec le corps électoral actuel, tel qu’il résulte de l’Accord de Nouméa du 5 mai 1998 et tel qu’inscrit dans la Constitution française ». Et quant au fait de faire un geste, le président du FLNKS explique à Sébastien Lecornu que « les équilibres qui ont rendu possible trente ans de paix civile en Nouvelle-Calédonie n’ont jamais été le produit de gestes unilatéraux consentis sous pression et encore moins vis-à-vis d’élus illégitimes dont le mandat a été renouvelé artificiellement ». Et dans cette lettre, le FLNKS rappelle au Premier ministre que l’État doit organiser des provinciales à la date fixée et qu’après, avec les forces politiques issues de ces élections, on pourrait discuter de l’accession à l’indépendance. « Le FLNKS, écrit en effet Christian Tein, considère en conséquence que la priorité doit être donnée à l’organisation d’élections provinciales juridiquement sécurisées et politiquement incontestables. Il propose que les discussions sur les modalités d’accession à la pleine souveraineté et les nouvelles relations avec la France reprennent immédiatement après le scrutin, dans un cadre structuré et selon un calendrier précis, défini en concertation avec l’État, le FLNKS et l’ensemble des forces politiques, ainsi que les coutumiers du pays ». La négociation de l’accord de kanaky, et seulement de lui, demeure en effet l’objectif du FLNKS. « Fidèle à son histoire et à sa responsabilité, écrit d’ailleurs Christian Tein, le FLNKS demeure résolument disponible pour un dialogue exigeant, loyal et constructif, dans le respect des équilibres et des engagements définis par l’Accord de Nouméa et les résolutions des Nations unies relative à l’application de la déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux ». 

 

 

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