Après trois semaines d’arrêt, le Betico 2 a repris ses rotations ce vendredi, au terme d’essais en mer menés la veille. Deux de ses quatre moteurs étaient endommagés. Si la sécurité n’est pas en cause, l’exploitation reste dégradée : le navire navigue avec trois moteurs, à vitesse réduite, et adapte temporairement son programme de desserte.
À l’arrêt technique depuis le 11 mars, le Betico 2 a repris la mer. La compagnie Sudiles visait une remise en service au 3 avril, sous réserve d’essais concluants le 2 avril. Cette échéance coïncide avec l’entrée dans les vacances scolaires, dans un contexte tendu pour les déplacements entre la Grande Terre et les îles.
« Non seulement on entre en période de vacances à partir de la fin de semaine, mais de plus, à cause des soucis avec l’aéroport, les habitants des îles sont bloqués depuis un mois : il est donc urgent de reprendre les rotations », explique Édouard Castaing, directeur général de Sudiles.
Des rotations allégées pour répondre à l’urgence
Le navire repart toutefois avec un fonctionnement provisoire. Sur ses quatre moteurs, un a été changé la semaine dernière, tandis qu’un second présente encore un dysfonctionnement non identifié. « Ce n’est pas un problème de pièces, et des techniciens australiens sont sur place pour identifier le problème. Il est nécessaire de valider toute la phase d’inspection avant de redémarrer ce quatrième moteur », précise le dirigeant.
Sudiles assure que cette navigation à trois moteurs ne soulève pas d’enjeu de sécurité. « Le bateau est prévu pour pouvoir naviguer avec plusieurs moteurs en panne. Cependant, quand on tourne avec trois moteurs au lieu de quatre, on va moins vite. » Conséquence directe : le schéma habituel en triangle, reliant Nouméa, Maré et Lifou sur une même rotation, est suspendu pour la période des vacances. Le Betico fonctionnera à raison d’une île par jour, avec un aller-retour direct dans la journée depuis Nouméa : Lifou aujourd’hui, Maré samedi, l’île des Pins dimanche, et Ouvéa la semaine prochaine.
Un projet de remplacement engagé mais pas encore abouti
Cette nouvelle avarie rappelle l’usure d’un navire entré en service il y a plus de vingt ans. Selon Sudiles, les moteurs ont l’âge du bateau. « Ce ne sont pas des moteurs neufs que l’on achète. Nous les faisons reconditionner en Australie, ce qui est moins onéreux tout en restant tout aussi qualitatif ». Dans le cas du Betico, un moteur est censé tenir environ 15 000 heures de navigation, soit 10 ans de navigation. Cependant, la perspective d’un nouveau navire n’est plus seulement une intention. En juillet 2025, un avis de marché publié pour le compte de Sudiles mentionnait une « mission d’arrangement fiscal dans le cadre de l’investissement relatif au remplacement du navire Betico 2, par un navire de transport de passagers à grande vitesse ». Le document précise que l’objectif est de structurer un montage en défiscalisation et d’accompagner le projet jusqu’à son terme.
Pour autant, le dossier n’a pas encore débouché sur une mise en service. Samuel Hpeneune, en charge des affaires maritimes et des infrastructures, déclarait il y a deux semaines : « le dossier de défiscalisation a été déposé, le chantier naval a été choisi, il faut maintenant verser le premier acompte pour que ça démarre ». Autrement dit, un remplacement est bel et bien prévu, sans qu’une échéance définitive ne puisse encore être tenue pour acquise.
Légende photo : Le Betico 2 reprend du service à partir d’aujourd’hui.
Ide de La Rochebrochard




