Invité du Journal télévision de NC La 1ère dimanche soir, Sonia Backes, la présidente de la province Sud, a pointé du doigt la gestion d’Air Calédonie, évoquant notamment de « très mauvaises décisions prises par le passé, notamment par Gilbert Tyuienon qui a acheté un bâtiment à plus de 2 milliards, qui a acheté des avions qui n’ont pas la capacité à se poser plein sur les pistes que l’on a », a-t-elle déclaré, pour justifier en partie la « situation catastrophique » dans laquelle se trouve la compagnie domestique. Des attaques dénoncées par le membre du gouvernement.
Dans un communiqué, Gilbert Tyuienon a dénoncé la capacité de l’élue loyaliste à « tordre les faits et à distiller des mensonges ». « Madame Backes veut faire croire que les engagements financiers, qui se chiffrent en milliards, ont été prises par une seule personne au gouvernement. C’est m’attribuer un pouvoir que je n’ai jamais eu », a-t-il déclaré, rappelant que ces différentes décisions citées plus haut ont été « prises en conseil d’administration et validées au Congrès de la Nouvelle-Calédonie ». Et de poursuivre : « Les fonctions que j’ai occupé à partir de 2011 et les quatorze années suivantes, ne me donnaient strictement aucun pouvoir pour prendre les décisions que m’attribue madame Backes (…) Car les Calédoniens doivent savoir que toutes les décisions pouvant impliquer financièrement la collectivité Nouvelle-Calédonie – qu’il s’agisse de subvention ou simplement de garantie d’investissement – relève uniquement d’un vote du Congrès ».
« Exploitation politicienne »
Autrement dit, ces décisions ont été débattues et votées au sein même du boulevard Vauban, où siège Sonia Backes. Et, selon Gilbert Tyuienon, Sonia Backes ferait « une exploitation politicienne du conflit autour de la desserte aérienne domestique ». En attendant, la crise ne cesse de s’accentuer dans les rangs d’Air Calédonie, alors que seule l’île des Pins a annoncé la levée de son blocage après le déménagement de la compagnie domestique à Tontouta. Blocage défendu par Gilbert Tyuienon qui a appelé le gouvernement à faire marche arrière…
Claire Gaveau



