Le Tavini est en voie d’implosion. Qui l’aurait cru ? Chez nos voisins polynésiens, le mauvais résultat obtenu par le parti d’Oscar Temaru aux municipales a eu comme effet immédiat que les « jeunes » se sont révoltés, et ont réclamé des changements, ou plus simplement encore ont quitté le parti. Parce qu’aux municipales, les électeurs ont exprimé leur défiance à l’égard des discours tonitruants du vieux Temaru, calqués sur ceux du FLNKS calédonien. Mais en Polynésie aussi, si l’on est indépendantiste, on ne l’est pas à n’importe quel prix ni pour n’importe quel résultat. C’est indéniablement une sorte de copié-collé de la situation calédonienne où, au sortir de ces municipales, l’UC ne sort pas triomphante, le FLNKS reste divisé, et les mots d’ordre de Christian Tein de faire de ce scrutin un référendum contre Bougival n’ont eu aucun écho. C’est peut-être aussi pour ça que le FLNKS, et ses alliés de La France insoumise, sont si fortement opposés à l’idée d’une consultation des Calédoniens pour ou contre Bougival. Un résultat majoritairement favorable à l’accord et à ses compléments Élysée-Oudinot serait une catastrophe pour le FLNKS, qui, à l’instar de ce qu’il a fait pour le troisième référendum, ne veut pas prendre ce risque-là. Il s’avère qu’au FLNKS, on a peur des urnes qui livrent souvent un résultat qui ne colle pas avec l’idéologie.
Nicolas Vignoles




