Mobilisés ? Pas vraiment, puisque près d’un Calédonien sur deux a estimé qu’il pouvait se passer d’aller voter, et ce à des élections dont on n’a cessé de nous assurer qu’elles étaient de « proximité », et que les municipales sont un scrutin à nul autre pareil, en ce qu’il impacte directement le quotidien des administrés. On pensait surtout que dans le contexte post‑13 mai, et dans l’ambiance Bougival‑Élysée‑Oudinot, de ceux qui sont pour et de ceux qui contestent, il y aurait un effet mobilisateur chez les Calédoniens, ne serait‑ce que pour dire s’ils approuvaient ou non, s’ils dénonçaient ou non. Mais finalement, il ne semble donc pas que le contexte politique ait beaucoup joué dans la conscience politique calédonienne à l’occasion de ces municipales. C’est une bonne chose que ces municipales n’aient pas été aussi politiques qu’on ne le pensait diront certains, les autres regretteront qu’en Nouvelle‑Calédonie, où la question du droit de vote est si cruciale, ceux qui en avaient la possibilité aient jugé bon de ne pas exercer ce droit. Bref, en tous les cas il y aura des seconds tours dans de très nombreuses communes, et une nouvelle semaine de campagne électorale qui permettra peut‑être de mobiliser ceux qui ce dimanche ont estimé qu’ils avaient mieux à faire que d’aller voter.
Nicolas Vignoles




