Tout bloquer pour contraindre le gouvernement à revenir sur sa décision d’autoriser le transfert des activités aéroportuaires de Magenta à La Tontouta, c’est la stratégie observée aux îles, ainsi de la part d’un Comité de coordination coutumière. Blocage annoncé pour une durée indéterminée et qui débute ce lundi. C’est en effet une stratégie comme une autre, sinon qu’on n’en voit guère l’objectif, sinon de pénaliser l’activité aux îles et le quotidien des Loyaltiens. Dans la réalité, cette mesure a été décidée pour sauver Aircal de la disparition, c’est peut-être même l’ultime tentative. La situation dans laquelle se trouve la compagnie domestique est telle en effet que l’on peut craindre son arrêt définitif. Certes la compagnie n’est pas exempte de tout reproche, et si, comme beaucoup d’autres entreprises, elle a dû subir la Covid et les émeutes de la CCAT, sa gestion n’a pas toujours été bâtie sur les meilleurs choix. Ainsi quand, entre 2012 et 2018, Air Calédonie a renouvelé l’intégralité de sa flotte par l’achat de quatre ATR neufs, plus grands et plus modernes, sans que personne ne se demande si elle en avait les moyens ! Et à l’époque, souvenons-nous, personne, et surtout pas aux îles, ne s’était offusqué de cette dépense qui pouvait apparaître comme somptuaire. Mais aujourd’hui la question n’est plus là, elle est plus crûment de savoir si l’on peut encore assurer financièrement, et sans l’aide de la France, un transport aérien entre la Grande Terre et les îles.
Nicolas Vignoles




