En Nouvelle-Calédonie, le rhumatisme articulaire aigu (RAA) touche encore des centaines d’enfants chaque année. Une formation inédite vise à renforcer le dépistage sur tout le territoire.
Du 25 au 27 février, Nouméa accueille le premier regroupement pratique d’un diplôme universitaire dédié à l’échoscopie de dépistage des cardiopathies rhumatismales chroniques (CRC). Treize professionnels de santé, infirmiers, sage-femmes et médecins issus des trois provinces, y ont participé sous la conduite du Dr Melchior Jonveaux, cardiologue au CHU de Bordeaux. Une initiative qui marque une nouvelle étape dans la lutte contre le RAA, une maladie encore bien présente sur le territoire.
Chaque année depuis 2008, l’Agence sanitaire et sociale de la Nouvelle-Calédonie (ASSNC) dépiste environ 4 500 élèves de CM1 à la recherche de séquelles du RAA, une maladie qui peut, lorsqu’elle passe inaperçue, endommager durablement les valves du cœur. « En moyenne, on découvre 150 cas de cardiopathie rhumatismale chronique chez les enfants de CM1, dont une centaine où c’est le tout début de la maladie », explique Nathalie Sagot, cadre de santé et responsable du programme de lutte contre le RAA. Pour une cinquantaine d’entre eux, un traitement antibiotique de plusieurs années est nécessaire afin d’éviter une aggravation cardiaque. Le risque est d’autant plus élevé dans les foyers déjà touchés : « On sait qu’un enfant qui vit dans un endroit où il y a déjà des cas de RAA ou de CRC a cinq fois plus de risques de l’attraper lui-même », ajoute-t-elle. Un constat alarmant, d’autant que 63 % des familles rencontrées après un diagnostic déclarent avoir du RAA dans leur entourage proche.
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Légende photo : Les apprenants procèdent désormais à la partie pratique de la formation.
Claire Rio-Pennuen



