Une marche blanche pour Joëlla, à la mémoire de cette victime de la haine, sacrifiée, humiliée, violentée pour ce qu’elle était. Une marche où se mêlaient l’émotion, la tristesse, la colère et la sidération. Ainsi en Nouvelle-Calédonie, sa part de culture océanienne ouverte sur l’autre dans toutes ses différences et toutes ses aspirations, n’a pas suffi à protéger Joëlla. Pour autant, et c’était l’objet de cette marche digne, il ne faut pas que la mort atroce de Joëlla ne soit suivie d’aucun effet. On attend de la justice qu’elle soit implacable à l’égard des deux meurtriers, dont on pressent la faiblesse des justifications et déjà l’inanité de leurs « remords ». Ensuite, on attend une réaction de la société calédonienne dans son ensemble, une prise de conscience qu’ici aussi, encore et toujours, les membres de la communauté LGBT peuvent être des cibles, et se retrouver en danger, quels qu’ils soient et où qu’ils se trouvent dans leur vie personnelle, familiale, professionnelle. Les centaines de personnes rassemblées samedi à Sainte Marie ont posé un geste, mais on ne veut pas que ces marches blanches, évènement presqu’inédit en Nouvelle-Calédonie, se renouvellent. Ça serait à désespérer de nous.
Nicolas Vignoles



