Le groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès propose de déployer en Nouvelle-Calédonie le dispositif « Travail Alternatif Payé à la Journée » (TAPAJ), destiné aux jeunes de 16 à 25 ans en grande précarité.
« Il faut rebâtir le pays, mais aussi les hommes et les femmes qui le composent », lance Pierre-Chanel Tutugoro. Le groupe indépendantiste veut ouvrir le débat sur l’insertion des jeunes les plus marginalisés. Il a présenté mercredi une proposition de vœu visant à déployer sur le territoire le dispositif « Travail Alternatif Payé à la Journée » (TAPAJ).
Donner aux jeunes « une ressource légale pour les inciter à lâcher des conduites addictives »
Inspiré d’un programme québécois déployé notamment en France, TAPAJ vise les jeunes de 16 à 25 « en grande précarité, désocialisés, souffrant de problèmes de consommations et/ou d’addictions ». Le principe : mobiliser ces jeunes sur des missions ne nécessitant ni qualification ni engagement dans la durée, avec « un contrat simplifié » et une rémunération en fin de journée. Il s’agit de leur donner « une ressource légale pour les inciter à lâcher des conduites addictives » et à sortir notamment du trafic drogue et de la prostitution, de plus en plus répandus, « pour qu’ils puissent ensuite déboucher sur des dispositifs de droit commun et rentrer dans une vie active », insiste Omayra Naisseline.
Plus qu’un outil de réinsertion, TAPAJ c’est aussi « une porte d’entrée vers des soins ». Car les « Tapajeurs » bénéficient en parallèle d’un accompagnement médico-social. Selon le groupe UC-FLNKS et Nationalistes, il y a urgence à agir, au regard des enquêtes qui soulignent « une banalisation de la consommation d’alcool et de cannabis chez les jeunes ». « Il faut adopter ce dispositif » localement, TAPAJ ayant « fait ses preuves ». Et de citer une évaluation de 2021, selon laquelle plus de 60 % des jeunes “Tapajeurs” connaissent une amélioration globale de leur situation. « Par ce vœu, nous sollicitons le gouvernement pour engager un travail sur comment déployer TAPAJ en Nouvelle-Calédonie », explique Omayra Naisseline. Il s’agit « d’asseoir ce dispositif et de voir comment il pourrait répondre au mieux aux besoins des jeunes dans les tribus et les quartiers, tout en l’adaptant à l’échelle de la Nouvelle-Calédonie, aux côtés des dispositifs déjà existants ».
Des chiffres préoccupants
En 2023, 23 % des jeunes reçus par l’Agence sanitaire et sociale (ASS-NC) dans le cadre du dispositif DECLIC (en addictologie) étaient âgés de 16 à 18 ans, et 24 % avaient moins de 16 ans ; 73 % étaient des garçons. Le cannabis constituait le principal motif d’orientation (59 %), devant l’alcool (33 %). Sur les 800 jeunes orientés vers une prise en charge individualisée, 60 % présentaient un usage nocif du cannabis et 60 % une consommation d’alcool problématique, dont 21 % à risque. En province Nord, le dispositif de réinsertion et d’accompagnement en addictologie (DRAA) a vu son nombre de bénéficiaires augmenter « drastiquement » en 2024, avec 48 personnes accompagnées.
Légende photo : Pierre-Chanel Tutugoro et Omayra Naisseline, respectivement président et vice-présidente du groupe au Congrès, ont présenté mercredi lors d’une conférence de presse une proposition de vœu visant à déployer sur le territoire le dispositif « Travail Alternatif Payé à la Journée » (TAPAJ).
Béryl Ziegler



