Face à la vie chère, la Ressourcerie ne désemplit pas

À la rentrée, la seconde main s’impose comme une alternative face à la vie chère. L’association ouvrira début mars un nouveau local rue Gallieni, marquant une nouvelle étape de son développement.

Créée en 2018, la Ressourcerie s’inscrit pleinement dans le champ de l’économie sociale et solidaire. Son objectif : prolonger la vie des objets et limiter les déchets, tout en proposant une alternative accessible à tous. Vêtements, livres, jouets, articles de sport, vaisselle ou fournitures scolaires sont collectés auprès de particuliers, triés, remis en état si nécessaire, puis proposés à la vente à petit prix. Chaque mois, environ trois tonnes d’objets retrouvent ainsi un usage, soit près de 36 tonnes par an. Derrière ce fonctionnement, une équipe structurée : trois salariés, deux volontaires en service civique, un contrat d’insertion et un réseau d’environ 80 bénévoles et sympathisants. Au-delà du réemploi, la structure revendique un impact plus large. « On est une association employeuse à utilité sociale, avec un vrai impact sur la consommation en Nouvelle-Calédonie », souligne sa directrice, Cécile Oxford. L’activité permet non seulement de réduire les déchets, mais aussi de créer de l’emploi, de favoriser l’insertion et de sensibiliser le public à une consommation plus responsable.

Une fréquentation soutenue, particulièrement à la rentrée

La période de rentrée reste un moment important pour la Ressourcerie. Dans les rayons, les vêtements pour enfants, les chaussures, les sacs ou encore les fournitures scolaires figurent parmi les articles les plus recherchés. « Les enfants grandissent, il faut renouveler les équipements. La ressourcerie permet de s’équiper à moindre coût », explique Cécile Oxford. La boutique accueille le public trois demi-journées par semaine : le mardi de 9h à 13h, le mercredi de 11h à 16h et le samedi de 8h30 à 12h. Malgré ces horaires restreints, la fréquentation reste soutenue, avec près de 1 500 visiteurs chaque mois. Étudiants, familles, retraités ou jeunes actifs s’y côtoient, certains par nécessité, d’autres par conviction. « Financièrement, c’est très compliqué pour beaucoup de monde. On est une vraie alternative à la consommation classique », constate la directrice. Mais au-delà de l’aspect économique, les mentalités évoluent. La seconde main séduit aussi pour ses bénéfices environnementaux. « Les jeunes viennent naturellement, sans tabou. C’est devenu une habitude de consommation », observe-t-elle.

Située à l’angle de la rue Gallieni et de la rue de la République, la Ressourcerie ouvrira début mars dans ces nouveaux locaux de 620 m², qu’elle est en train d’acquérir pour pérenniser son activité.

Un déménagement stratégique pour poursuivre le développement

Après plusieurs années passées dans des locaux mis gracieusement à disposition par l’OPT à l’Alma, la Ressourcerie s’apprête à franchir une étape importante. Elle ouvrira début mars un nouveau site de 620 m², situé à seulement quelques dizaines de mètres, à l’angle de la rue Gallieni et de la rue de la République. Un lieu plus adapté à son activité, que l’association est actuellement en train d’essayer d’acquérir. Un projet ambitieux, à la hauteur de son développement. « C’est un vrai pari, mais il est essentiel pour sécuriser notre activité et poursuivre notre mission », explique Cécile Oxford. Ce nouveau local permettra d’améliorer les conditions de tri, d’augmenter les capacités de stockage et d’accueil, et d’accompagner la croissance de la structure. La Ressourcerie ne se limite pas à la revente d’objets. Elle développe également des activités de sensibilisation et de création, en lien avec des acteurs publics et privés. Des ateliers d’upcycling, des interventions dans les écoles ou des projets avec des entreprises complètent son action. Par exemple, l’association a confectionné pour Pâques des paniers à partir de textiles recyclés pour le chocolatier Morand, ou encore réalisé des éléments de décoration pour la Groupama Race. Ces collaborations permettent de valoriser le réemploi sous une forme créative et de diversifier ses sources de financement. Ces initiatives illustrent pleinement les principes de l’économie sociale et solidaire, qui vise à concilier utilité sociale, impact environnemental et activité économique.

Un changement durable des habitudes de consommation

Au fil des années, la Ressourcerie s’est imposée comme un lieu ressource pour de nombreux Calédoniens. Certains viennent pour réduire leurs dépenses, d’autres pour consommer autrement, ou simplement pour donner une seconde vie à des objets. Au-delà des aspects économiques et environnementaux, l’association joue aussi un rôle social. Elle favorise les échanges, le partage et la transmission, dans un espace ouvert à tous. À l’heure de la rentrée, alors que les dépenses s’accumulent pour de nombreuses familles, la seconde main apparaît plus que jamais comme une solution concrète. Une tendance qui dépasse désormais la simple nécessité pour s’inscrire dans une transformation durable des modes de consommation.

Légende photo : Cécile Oxford, directrice depuis mars 2025 de la Ressourcerie, pilote le développement de l’association, acteur engagé de l’économie sociale et solidaire à Nouméa.

Delphine Escanes 

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