Malgré des interdictions de gérer des sociétés, deux chefs d’entreprise ont poursuivi leur business à Nouméa. Entre 2017 et 2024, ils ont organisé leur insolvabilité pour éviter les saisies judiciaires. Avant que l’argent ne s’évapore à l’étranger, la justice a confisqué le pactole. Villas, bateaux, voitures, comptes bancaires : plus de 300 millions de francs d’avoirs ont été saisis.
Un maquis de montages financiers destiné à brouiller les pistes et empêcher de retracer les flux financiers. Deux hommes d’affaires calédoniens ont été rattrapés par la justice après « des années d’impunité ». Les enjeux sont considérables : entre 2017 et 2024, ces dirigeants sont soupçonnés d’avoir poursuivi leur business dans la promotion immobilière alors qu’ils avaient été condamnés, en 2016, 2018 et 2019, à des interdictions de gérer toute activité commerciale pendant quinze ans par le tribunal de commerce. Le tribunal correctionnel de Nouméa a tenté, durant de longues heures, de comprendre cette affaire exceptionnelle aux multiples ramifications.
Les magistrats ont décrypté cette farandole de sociétés, de SCI et de montages financiers entrepris par ces deux frères pour tromper la justice. L’affaire a été révélée par le cabinet de la mandataire judiciaire Mary-Laure Gastaud, qui a alerté le parquet de possibles détournements au préjudice de plusieurs sociétés. « Vous avez une capacité à faire des affaires, à démultiplier votre patrimoine et à nourrir des ambitions démesurées, malgré l’accumulation de condamnations pour faillite personnelle et d’interdictions de gérance, expose le président. Vous avez poursuivi vos activités avec une certaine impunité, malgré les décisions de justice ». Sans surprise, ces détournements massifs ont gravement fragilisé les sociétés. Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Légende : Les deux hommes d’affaires ont fait fortune dans la promotion immobilière, avant d’être rattrapés par la justice pour des faits d’abus de biens sociaux, de banqueroute et de faux et d’usage de faux.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche



