A chaque jour, non seulement suffit sa peine, mais suffit sa liste. Pas une seule journée en effet sans que l’on nous annonce la composition de listes pour les élections municipales. Dans certains cas même, la liste n’est pas encore tout à fait établie, et les programmes encore moins, mais on y va quand même. Les municipales 2026 verront-elles le dépôt d’un nombre record de listes de candidatures ? Nous le saurons bientôt, mais ça en prend le chemin. Toujours est-il que ces élections 2026 sont marquées par une tendance de fond, selon laquelle nombre de listes se présentent « sans étiquette » en dépit du parcours politique connu de ceux ou de celles qui les mènent, se revendiquent « apolitiques » et se veulent l’exact reflet de la « société civile ». C’est apparemment dans l’air du temps que de briguer un mandat politique tout en affirmant ne vouloir surtout pas faire de la politique. On peut ne pas douter de cette sincérité citoyenne, en se disant néanmoins qu’il y a peut-être quand même derrière tout cela une sorte d’attrape-nigaud. Or, il ne faut pas prendre les électeurs pour des poussins d’un jour, surtout ici où l’on se connaît bien et où tout se sait, à commencer par les convictions (pour autant qu’il y en ait), et les parcours politiques des uns et des autres. C’est donc un pari risqué que de croire que la joliesse du contenant fait oublier la réalité du contenu.
Nicolas Vignoles




