Lana Prost met le cap sur Miss France avec le sourire du Caillou

Elle s’est envolée dans la nuit de vendredi à samedi. Lana Prost, Miss Nouvelle-Calédonie 2026, quitte le Caillou pour représenter le territoire à l’élection de Miss France, le 12 décembre. Élue le 25 juillet à 17 ans, elle en a désormais 18 et a mis sa terminale entre parenthèses pour se consacrer à son règne et à sa préparation. À quelques heures du départ, tout juste sortie de ses derniers essayages, elle raconte ses premiers mois de Miss, ses appréhensions et ses ambitions.

Depuis que vous portez la couronne, qu’est-ce qui a le plus changé dans votre quotidien ?
Mon emploi du temps, avec des heures de lever très tôt et des heures de coucher très tard. C’est un peu aléatoire.

Vous avez mis votre terminale entre parenthèses ?
Oui, depuis les vacances d’août, pour me consacrer à ma préparation et à mes rendez-vous avec les partenaires. Je n’ai pas envie de bâcler mon bac pour Miss France, ni de bâcler Miss France pour mon bac. Miss France, je ne peux pas le reporter, mon bac, si. Je le repasserai donc l’année prochaine.

Quelle rencontre ou quel événement vous a le plus marquée ?
C’est la question qu’on me pose toujours ! J’ai tellement d’événements et de rencontres que c’est difficile de choisir. J’ai beaucoup aimé les courses équestres, auxquelles nous avons été conviées. J’y ai découvert un monde que je ne connaissais pas du tout et auquel je ne m’intéressais pas. La Coupe Clark reste dans mes bons souvenirs.

Vous attendiez-vous à ce changement de vie ?
Pas du tout. J’avais évité de me préparer mentalement à devenir Miss, pour ne pas être déçue si cela n’arrivait pas. Je préférais être surprise, et je le suis.

Comment vivez-vous cette nouvelle notoriété ?
Je ne peux plus aller chercher mon pain sans que la boulangère me reconnaisse ! Beaucoup y voient une contrainte, moi pas du tout. Être reconnue dans la rue, ça te rend proche des Calédoniens. En Nouvelle-Calédonie, de toute façon, on s’y attendait un peu.

Comment les Calédoniens accueillent-ils votre nouveau statut de Miss ?

Franchement, pour le moment, je n’ai que de la bienveillance. Les Calédoniens sont tellement gentils et me soutiennent tellement que je ne peux pas me plaindre.

Cette expérience vous a-t-elle fait grandir ?
Je ne sais pas si j’ai découvert des qualités, mais la patience, peut-être. Je me suis rendu compte que j’étais très impatiente avant, mais j’ai arrangé ça. J’ai surtout appris à m’adapter. On se rend compte qu’on ne peut pas tout faire comme on le souhaite et qu’il faut savoir collaborer avec d’autres personnes. Pour une fille de mon âge, c’est une expérience qui fait grandir.

Comment vous êtes-vous préparée ces dernières semaines ?
J’ai fait beaucoup de sport pour garder le cap, parce que c’est aussi un concours de beauté et qu’il faut avoir une certaine forme physique. J’ai suivi des cours d’éloquence pour améliorer mon expression et savoir m’adapter aux situations, face aux médias ou lors des discours. Il y a eu aussi du catwalk (l’art du défilé), de la danse, et bien d’autres exercices. J’ai eu la chance d’être bien accompagnée.

Le fameux test de culture générale vous fait-il peur ?
Je m’y entraîne beaucoup, parce que je vais me mesurer à des candidates plus âgées, qui ont déjà fait des études. J’ai travaillé ma culture générale du mieux possible pour arriver avec quelques cartes en main.

Qui vous a accompagnée, et avez-vous pu voir Juliette Collet, première dauphine de Miss France l’an dernier ?
Mes parents, évidemment, qui sont un grand soutien, mes beaux-parents aussi, et bien sûr le comité Miss Nouvelle-Calédonie, très présent. J’ai la chance et en même temps la malchance d’être beaucoup occupée. J’aurais vraiment aimé trouver du temps pour voir Juliette, mais les heures où on pouvait se rencontrer tombaient toujours quand j’étais en représentation ou en rendez-vous. Ça n’a pas été possible, mais on a pu communiquer par message, et j’ai eu ses petits conseils.

À quelques heures du départ, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Je ne sais pas trop. À ce moment-là, on a vite tendance à trop penser à ses émotions. Je n’ai pas envie de me laisser submerger, ni par la joie, ni par la peur. Je préfère me concentrer sur ce qu’il me reste à faire avant de quitter le Caillou. Ça va être intense.

Qu’est-ce qui vous semble le plus difficile ?
La distance. Je suis profondément attachée à mon Caillou. Je pense que ça me fera du bien de m’éloigner, mais j’aurai vite hâte de revenir.

Et ce que vous attendez avec impatience ?
Rencontrer les autres filles, voir nos cultures se confronter. On est toutes unies par la culture française, mais on se différencie par nos régions. J’ai hâte de les rencontrer pour m’enrichir.

Concrètement, quel est le programme ?
J’arrive à Paris pour une semaine. Je finalise mon trousseau, parce qu’en Calédonie on n’a pas forcément accès à tout le matériel adéquat, notamment les vêtements d’hiver et le maquillage. C’est Nicolas, du comité Miss Nouvelle-Calédonie et notre représentant en métropole, qui m’attend là-bas. Le vendredi 13, on retrouve les autres candidates à Paris, et le lundi 16, on part à Saint-Martin pour dix jours. L’élection a lieu le 12 décembre.

Comment imaginez-vous ce séjour à Saint-Martin avec toutes les candidates ?
Je pense qu’on va se découvrir à ce moment-là, apprendre à communiquer les unes avec les autres. Ça va être une belle occasion de s’enrichir.

Vous êtes parmi les plus jeunes. Est-ce une force ?
Je pense que mon âge sera une force. Ma génération est beaucoup critiquée en ce moment, mais je pense pouvoir le retourner pour que ça devienne un atout. De toute manière, je ne peux pas le changer, donc je compte l’utiliser.

Les journées vont être très rythmées. Apprivoisez-vous cette intensité ?
Un peu, forcément. Mais je suis très excitée de me préparer à fond, parce que c’est le genre de chose qui n’est pas offerte à tout le monde. Je me sens extrêmement chanceuse.

Redoutez-vous une épreuve en particulier ?
Aucune ne me fait spécialement peur, ni la culture générale, ni la prise de parole devant le jury. Ce qui me fait le plus peur, c’est d’être loin de mon territoire et de mes repères. Je suis déjà allée en métropole, mais toujours pour rejoindre ma famille. Là, je serai plus d’un mois loin de mes proches, de mes repères, de mes piliers. Quand tu as 18 ans et que tu te prépares à passer ton bac, tu ne t’imagines pas partir avec une trentaine de filles qui veulent atteindre le même but que toi, alors qu’il n’y a qu’une place. C’est assez compliqué de se projeter.

Quand vous imaginez la soirée d’élection ?
C’est un rêve. Nous sommes une trentaine de jeunes femmes sélectionnées pour représenter nos régions et peut-être la France aux yeux du monde. C’est un spectacle magique, un conte de fées. On voit toutes les princesses de France défiler sur scène, et me dire que je vais en faire partie, c’est irréel.

Le parcours de Juliette Collet, première dauphine de Miss France 2026, met-il la pression ?
Non, je trouve ça très encourageant. Juliette a ouvert des portes. Je n’aurais jamais été aussi occupée cette année si elle n’avait pas été aussi bien classée. J’espère rajouter ma pierre à l’édifice. Je ne sais pas où je vais aller, mais je vise évidemment le plus haut possible. Je sais que je suis différente d’elle, et chaque année les candidates changent, donc le résultat est imprévisible.

Quel message voulez-vous transmettre sur la Nouvelle-Calédonie ?
J’espère apporter le sourire de la Nouvelle-Calédonie. On parle beaucoup de culture, et je suis la première à incarner le mélange culturel qui existe ici.

Rendez-vous est donc pris le 12 décembre. D’ici là, la Calédonienne a quelques semaines pour peaufiner sa préparation, loin de ses proches et de ses repères. Elle part avec une ambition simple, apporter le sourire de la Nouvelle-Calédonie et son mélange culturel, et la volonté, sans se mettre de pression, de viser « le plus haut possible ».

 

Propos recueillis par Delphine Escanes

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