Le procès des trois majeurs poursuivis pour l’agression de six campeurs sur l’îlot Ange, à Païta, a été reporté au 25 novembre. Devant le tribunal correctionnel de Nouméa, vendredi, les prévenus, au casier judiciaire vierge, ont demandé un délai pour préparer leur défense, ce qui est de droit dans le cadre d’une comparution immédiate. La juridiction a maintenu le contrôle judiciaire auquel le juge des libertés et de la détention les avait soumis. Les faits remontent au 15 octobre, vers 23 heures. Selon le parquet, cinq auteurs présumés, dont deux mineurs, sont poursuivis pour vol en réunion, violences en réunion et menaces de crime avec ordre de remplir une condition. Les examens médicaux des six victimes ont établi jusqu’à quatre jours d’incapacité totale de travail. Les deux mineurs, placés sous contrôle judiciaire strict, sont convoqués devant le tribunal pour enfants. Le tribunal a par ailleurs rejeté la demande de l’un des prévenus, lycéen, qui souhaitait quitter le Caillou pour disputer la Hawaiki Nui Va’a. Leur avocat, Me Thomas Gruet, sollicitait une autorisation de sortie du territoire du 24 octobre au 6 novembre pour cette course de pirogues polynésiennes, la plus grande du genre, prévue du 28 au 31 octobre dans les îles Sous-le-Vent. « C’est la course la plus prestigieuse du monde. C’est le rêve d’une vie », a-t-il plaidé. La procureure Isabelle Fuhrer s’y est opposée « extrêmement vivement ». Elle a dénoncé des « violences gratuites » contre « des jeunes qui campaient tranquillement sur un îlot ». « Cette demande ne manque pas de culot. En participant à cette expédition de violence pure, je pense qu’il n’est pas digne de représenter la Nouvelle-Calédonie », a-t-elle lancé. Pour Me Marcou Dorchies, conseil des parties civiles, « les victimes sont encore terrorisées ». Jusqu’au procès, les trois prévenus, qui vivent chez leurs parents ou grands-parents, ont interdiction de quitter le territoire et d’entrer en contact avec les victimes. Ils doivent pointer chaque semaine à la gendarmerie.
J-A G-L


