Le tribunal correctionnel de Nouméa a condamné deux hommes d’une quarantaine d’années, originaires de Tahiti, à quatre ans de prison, dont trois avec sursis probatoire, pour un trafic d’ice, de cocaïne et de cannabis entre 2024 et 2026. L’un d’eux avait rapporté du fenua des cristaux de méthamphétamine, alors que le Caillou était jusque-là épargné. Il s’agit de la première filière d’ice identifiée en Nouvelle-Calédonie.
Dans la poche de son jean, comme si de rien n’était. Nous sommes un jour de juillet 2025, et Louis T. atterrit à l’aéroport de La Tontouta. Ce passager à l’allure ordinaire rentre d’un voyage d’une dizaine de jours à Tahiti. À ceci près que ce patenté dans le bâtiment conserve précieusement sur lui 4,2 grammes de cristaux de méthamphétamine qu’il avait achetés, quelques jours plus tôt, à des revendeurs de rue à Faa’a pour 450 000 francs. Louis T. est le visage de la première filière d’ice en Nouvelle-Calédonie.En trente ans, l’ice s’est massivement installée en Polynésie française, dans tous les milieux et à tous les âges, des quartiers populaires de Papeete aux îles les plus éloignées. Le Caillou, lui, restait jusqu’ici épargné. Mais l’arrivée de cette drogue est la hantise des autorités calédoniennes. « Vous êtes les premiers que nous avons identifiés comme importateurs », annonce Lionel Barfety, le président du tribunal correctionnel de Nouméa, où Louis T. et Tevai B. comparaissent pour trafic de stupéfiants. « L’ice fait des ravages terribles en Polynésie. C’est une catastrophe, rappelle le magistrat. Vous connaissez parfaitement les conséquences chez vous, mais vous décidez quand même d’en importer à Nouméa. »
« Dans le milieu de la nuit, vous êtes une référence »
Cette affaire part d’une surveillance douanière en février dernier. Pendant plusieurs jours, les douaniers scrutent les moindres faits et gestes de Tevai B., livreur et chauffeur de poids lourd, sans se faire repérer. Le 6 mars, ils décident de passer à l’action et de le contrôler sur un parking de Nouméa. Dans sa sacoche, ils découvrent du cannabis, de la cocaïne et de l’ice. À son domicile du Mont-Dore, où il fait pousser du cannabis en intérieur, la perquisition permet de saisir pas moins de deux kilos d’herbe, 11 grammes de cocaïne, de l’ice, ainsi que de la MDMA, du DMT (un puissant hallucinogène), de l’huile de LSD et des pipes en verre. À la revente, les saisies sont estimées à 1,5 million de francs pour le cannabis, 300 000 francs pour la cocaïne et 30 000 francs pour l’ice. Pendant sa retenue douanière, l’exploitation de son téléphone portable révèle de nombreux échanges avec un certain Louis T., rencontré en juin 2025. Ce dernier pourrait être son fournisseur d’ice. Il est interpellé deux jours plus tard et passe aux aveux : les voyages à Tahiti, l’ice, le trafic, les ventes… Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.


