La pièce Le Dernier Cèdre du Liban arrive en Nouvelle-Calédonie et est programmée au Théâtre de l’île les 19 et 20 septembre prochain. Un texte puissant, écrit par Aïda Asgharzadeh, entre guerre, reportage, abandon familial et introspection personnelle. Entre passion et admiration pour les photoreporters, Nikola Carton, le metteur en scène, revient sur la genèse de ce projet qui a déjà conquis la Métropole avec trois nominations aux Molières.
À l’origine de cette pièce, il y a la mort de la photoreporter française Camille Lepage alors qu’elle n’avait que 26 ans. Quelle place occupe ce drame dans la pièce ?
Sa mort est le point de départ du projet. Je suivais son travail depuis deux ans quand elle a été assassinée. Je ne la connaissais pas personnellement, mais j’ai été très touché par sa disparition. Quelques mois plus tard, en tournée pour un spectacle à Angers, je sors de l’hôtel un matin et je vois un panneau publicitaire annonçant une exposition consacrée à la vie de Camille Lepage. Je n’ai pas le temps de voir où elle se tient. Frustré, je me dis qu’il faut absolument que je trouve le temps d’y aller. J’arrive au théâtre et là, je me rends compte que l’exposition a lieu… dans le théâtre où nous jouons. Voir de près son appareil photo, son badge, ses carnets Moleskine, découvrir sa vie à travers les objets de son quotidien, tout cela m’a convaincu qu’il fallait que je fasse quelque chose. J’ai donc décidé d’aller voir Aïda Asgharzadeh, qui avait déjà écrit deux pièces sur fond de guerre. Je lui ai parlé des grands axes que j’aimerais aborder, puis je lui ai demandé si ce thème lui parlait. Elle m’a répondu que, plus jeune, elle voulait devenir reporter… Trois mois plus tard, j’avais la pièce entre les mains.
Ce sujet, autour du journalisme de guerre et du photoreportage, c’était donc votre idée…
Oui, c’était la mienne. Toutefois, j’avais imaginé une pièce se déroulant en Afrique, pendant l’un des nombreux conflits armés de ces dernières décennies. Aïda, elle, a choisi d’ancrer son histoire dans la guerre du Liban. Il lui fallait une période suffisamment étendue pour pouvoir déployer son récit.
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Légende photo : Nikola Carton ne s’attendait pas, à l’origine, à recevoir « une œuvre dépeignant si justement les reporters de guerre ».
Propos recueillis par Claire Gaveau


