Trois jours avant le début des émeutes de mai 2024, Isaac T., âgé de 20 ans, a pris pour cible la brigade de gendarmerie de Saint-Michel, au Mont-Dore. Jugé avec deux complices par le tribunal correctionnel de Nouméa, il a été condamné à une peine plus lourde que celle requise par le parquet.
Il n’a « pas réfléchi ». Il n’était « pas en colère ». Il n’y avait « pas de revendication politique ». Il ne « visait pas la gendarmerie ». Le coup est même, dit-il encore, « parti tout seul ». Mais à force de raconter n’importe quoi, les explications finissent par devenir inaudibles pour les magistrats.
Le tribunal correctionnel de Nouméa a jugé trois jeunes gens de Saint-Louis impliqués dans des faits d’une extrême gravité commis à l’encontre de la gendarmerie. Le 10 mai 2024, soit trois jours avant le déclenchement des émeutes, la brigade de Saint-Michel est prise pour cible. À 19 h 41 précisément, deux coups de feu claquent dans la nuit. Un premier tir traverse le montant d’une fenêtre : quatre projectiles finissent dans les murs de l’accueil, à une hauteur de 1,20 m. Le second impact est retrouvé sur la façade d’un autre bâtiment, à proximité des logements occupés par les familles de gendarmes.
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Jean-Alexis Gallien-Lamarche

