Caël Normandon préside la commission environnement de la province Sud. C’est dans le cadre de ces fonctions qu’il rappelle le rôle majeur des provinces dans l’exercice de la compétence environnementale. Caël Normandon se réjouit de l’organisation de la 11e conférence nature des îles du Pacifique, mais regrette que les provinces n’aient pas été plus associées à l’événement.
En tant que président de la commission Environnement de la province Sud, quelles sont vos attentes vis-à-vis de la 11e conférence nature des îles du Pacifique sur la conservation de la nature, qui a ouvert ses portes hier au centre culturel Tjibaou ?
Duand on croit à la protection de l’environnement, on ne peut que se réjouir de voir des événements dédiés à la conservation de la biodiversité, à l’échelle du Pacifique comme cette 11e conférence nature. Toutefois, on peut regretter que les provinces, qui détiennent la compétence de l’environnement et en sont les premiers acteurs de terrain, n’aient pas été plus associées à l’événement. Pas moins de quatre séquences de terrain sont par exemple accueillies sur le territoire de la province Sud dans le cadre de la conférence nature : dans le parc de la Rivière Bleue, dans celui de la Dumbéa, à l’îlot Maître et à Deva. Nous aurions eu tout loisir d’être associés aux discours d’ouverture et aux ateliers dans le cadre d’échanges de savoir-faire dans le Pacifique et des solutions fondées sur la nature.
Justement, l’environnement représente l’une des compétences qui s’enchevêtrent le plus dans le millefeuille calédonien ; elle est détenue à la fois par le gouvernement et les provinces, et aussi dans une moindre mesure, par l’État et les communes. Comment s’articule par exemple la coopération entre ces différents acteurs, et les provinces ?
La répartition est assez simple en réalité, puisque ce sont les trois provinces qui sont principalement détentrices de la compétence de l’environnement. Le gouvernement est responsable du parc naturel de la mer de Corail et de la gestion de l’eau, et élabore des schémas sur la transition énergétique. Un bon exemple de coopération, c’est le plan d’actions mangrove 2030, signé en 2024 par la province et les quatre communes du Grand Nouméa, en partenariat avec l’Université de la Nouvelle-Calédonie et dont l’objectif est la préservation, l’amélioration et la restauration de cet écosystème sur l’agglomération. Nous avons visité la semaine dernière avec l’AFRAN, l’Association franco-australienne pour la recherche et l’innovation, l’un des sites pilotes : la mangrove de Sainte-Marie. Je précise que l’un des objectifs de ce plan est de lutter contre le recul du trait de côte à l’aide des palétuviers. Autre exemple encore, notre brigade forestière, où des agents de la collectivité se portent volontaires et sont formés pour lutter contre les feux de forêt au travers d’actions de prévention en milieu scolaire ou de rondes sur certains sites, voire en appui de la sécurité civile sur des incendies. Enfin, la province s’appuie sur son tissu associatif et verse chaque année environ 70 millions de francs de subventions aux associations environnementales.
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Des propos recueillis par Isabelle Peltier.

