L’opération anti-France du Vanuatu

Ça n’est pas par hasard que Christian Tein, président du FLNKS, fait partie de la délégation du Vanuatu au 55e sommet des pays du Forum des îles du Pacifique (FIP).

Non, c’est une volonté du Vanuatu de mettre un petit caillou dans les chaussures de la France et de la Nouvelle-Calédonie alors qu’il espère « récupérer » Matthew et Hunter. A ce sujet, et après l’échec des négociations entre Paris et Port-Vila, le Vanuatu envisagerait de porter l’affaire devant la Cour internationale de justice (CIJ). C’est une action plus symbolique que coercitive parce que d’une part l’affaire ne pourra être examinée par la CIJ que si la France reconnaît la compétence des juges internationaux pour statuer sur le différend qui l’oppose au Vanuatu, et d’autre part parce que les décisions de la Cour sont certes contraignantes, mais elle ne dispose d’aucun pouvoir ni aucun moyen pour en assurer l’application.

Le Groupe Fer de lance s’en mêle

Pour embarrasser la France, le Vanuatu veut profiter du 55e sommet du FIP pour mettre la question de l’avenir de la Nouvelle-Calédonie sur le tapis, et il vient en effet de bénéficier du soutien du Groupe Fer de lance mélanésien (GFLM). Dans un communiqué, le secrétariat général du GFLM indique que « les dirigeants, ministres et hauts représentants, réunis en caucus en marge de la 55e réunion des dirigeants du Forum des îles du Pacifique, ont approuvé une nouvelle feuille de route pour le soutien au Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) et ont appelé à une action accélérée en faveur de la décolonisation de Kanaky-Nouvelle-Calédonie ». Toujours selon ce communiqué, le Groupe Fer de lance entend « soutenir un processus de décolonisation pacifique et reconnu au niveau international ». Et après avoir entendu Christian Tein, « les dirigeants ont appelé à la mise en place d’un nouveau processus ‘’de conception kanak et d’esprit mélanésien’’, ainsi qu’à une nouvelle mission de la Troïka du Forum des îles du Pacifique afin de contribuer à prévenir de nouvelles violences. Il a été demandé au président de transmettre la position du GFLM à la 55e réunion du FIP ». Des prises de position sur lesquelles, la ministre de la Francophonie, qui représente la France à ce sommet, aura peut-être à se prononcer. Eléonore Caroit, qui a tenu des réunions de coordination avec Moetai Brotherson le président de la Polynésie française et Alcide Ponga membre du 19e gouvernement de Nouvelle-Calédonie, a peut-être abordé ces questions.

J.D.

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