La cour administrative d’appel vient de reconnaître que lors des émeutes de mai 2024, l’État était fautif pour n’avoir rien anticipé alors qu’il était prévenu. Une reconnaissance de culpabilité que le tribunal administratif avait d’ailleurs précédemment soulignée. La cour administrative d’appel parle ainsi dans son arrêt de « multiplicité de signaux forts et convergents », mais aussi d’un « durcissement progressif, tant dans son expression publique que dans les actes », ou bien encore que la situation d’alors « ne laissait pas de doute quant à l’imminence d’une grave crise ». Or à l’époque qui hurle, vocifère, gesticule, manifeste et défile, si ce ne sont la CCAT et ses leaders, Christian Tein en tête ? C’est-à -dire les mêmes que la justice ordinaire a innocenté et blanchi ! Là où la justice administrative voit une grave crise et de nombreux signaux indiquant de possibles graves troubles à l’ordre public, et donc met en avant des responsabilités, à la fois celle de l’État, mais aussi de ceux qui ont troublé, les juges d’instruction parisiens décident du non-lieu. La justice se demande-t-elle parfois pourquoi, non seulement elle est incomprise, mais surtout mal aimée, surtout lorsque le pouvoir des juges s’abat sans discernement ni raison. Et le pouvoir sans raison, ça n’est jamais que de la dictature, non ?
Lucien Lacombe


