Il y a les partants, les arrivants, les sortants et les sortis, les revenants, les nouveaux, les anciens, les novices, les experts, c’est le grand jeu du gouvernement. Durant des jours, il y a eu le jeu des pronostics, une belle partie avec des quines et des bingos, des heureux, des chanceux, des poissards. Et au bout du compte, une équipe de foot, avec onze membres, mais pas toujours du même camp et dont le respect de la collégialité est parfois aléatoire ou à géométrie variable. Bref, à la fin de la semaine, on aura un gouvernement, le 19e, dont on espère qu’il ne mettra pas des lustres avant de se mettre au travail, car le boulot ne va pas manquer. Avant, il va falloir se répartir les secteurs, et sur ce point il y a les secteurs sur lesquels on lorgne, les secteurs de prestige, ceux dont on ne veut absolument pas, ceux que l’on réclame ou que l’on rejette et ceux aussi dont personne ne veut et qui ne trouvent preneur qu’après de longues tractations. Et on a bien dit onze membres, pas onze ministres comme en Polynésie. On peut le dire, certains adoreraient se faire appeler « ministre », mais c’est justement pour éviter que des égos s’enflent comme la grenouille de la fable que l’Accord de Nouméa a retenu l’appellation « membre du gouvernement », même si c’est moins classe sur une carte de visite.
Lucien Lacombe


