Veylma Falaeo a transmis les clés du Congrès à Virginie Ruffenach

Une semaine après son élection, Virginie Ruffenach a été officiellement installée dans ses fonctions de présidente du Congrès, hier matin, lors d’une cérémonie de passation avec Veylma Falaeo, qui occupait le perchoir depuis deux ans.

C’est une tradition respectée depuis 2011 à chaque changement de présidence. Mais pour la première fois de l’histoire de l’institution, cette passation s’est jouée entre deux femmes, dans une ambiance à la fois solennelle et détendue. Devant quelques élus et l’ensemble des agents du Congrès, l’ancienne et la nouvelle présidente se sont transmis symboliquement les clés de l’institution, avant de prononcer chacune un discours. Un moment empreint d’émotion, marqué par les remerciements mutuels et un appel à faire vivre l’institution au-delà des clivages politiques.

Une maison du peuple à faire vivre

« En vous transmettant la présidence du Congrès, je ne vous remets pas seulement une fonction. Je vous confie la responsabilité de faire vivre la maison du peuple, où s’exprime la diversité de notre pays, où se construit le dialogue et où se forgent les décisions communes. » Veylma Falaeo a également confié que présider le Congrès avait été « l’un des honneurs » de sa vie, dans un contexte particulièrement difficile pour la Nouvelle-Calédonie, marqué par les émeutes. La présidente sortante a tenu à rappeler les réformes engagées durant ses deux années de mandat, notamment la pose des fondations d’une évaluation des politiques publiques et la création d’une assemblée citoyenne. « Ces chantiers ne sont pas achevés, et je compte sur vous, Madame la Présidente, pour les poursuivre. »  En transmettant cette responsabilité à sa successeure, Veylma Falaeo a rappelé que le Congrès devait rester un lieu de débat malgré les divergences politiques. « Cette maison est désormais la vôtre. Vous la recevez telle que je l’ai reçue, vivante et digne. Vous y rencontrerez les convictions qui s’affrontent. C’est la règle même de la démocratie. Vous y trouverez aussi une volonté plus forte que nos divisions, celle de servir un pays que nous avons à cœur. » Avant de conclure : « Je vous souhaite du courage, car il vous en faudra et je forme sans la moindre réserve des voeux de réussite. Votre réussite sera celle de la Nouvelle-Calédonie. »

Une institution « qui se conjugue au féminin »

Prenant à son tour la parole, Virginie Ruffenach a salué le travail de la présidente sortante, tout en l’assurant de sa détermination à poursuivre la gestion de l’institution. « Ces clés ne symbolisent pas un pouvoir que l’on possède. Elles représentent une institution qui nous est confiée pour un temps donné, avec exigence, avec dignité, avec respect et surtout sens du devoir. » Et « si les présidents du Congrès se succèdent, le Congrès demeure ». Convoquant la mémoire des anciens combattants calédoniens, Virginie Ruffenach a ensuite cité une lettre de Charles Giraud, engagé volontaire durant la Première Guerre mondiale, à sa mère : « Faisons simplement tout notre pouvoir. » Une phrase qui, selon elle, « résonne encore aujourd’hui » face aux défis du Territoire. Elle a ensuite remercié Veylma Falaeo « pour la dignité et le sérieux » avec lesquels elle a présidé les travaux du Congrès, et pour « le respect » manifesté envers l’ensemble des élus de l’hémicycle, avant de relever que, pour la deuxième fois de son histoire, le Congrès est présidé par une femme, avec également Naïa Wateou nommée à la première vice-présidence et Veylma Falaeo à la tête de la commission permanente. Une institution qui « se conjugue désormais au féminin », puisque la moitié des élus sont des femmes. « Cela traduit, j’en suis sûre, une vraie évolution des mentalités de la Nouvelle-Calédonie », a observé Virgine Ruffenach, avant d’ajouter : « Au-delà du genre, c’est sans doute la compétence qui est mise à l’honneur. » La cérémonie s’est achevée par une remise mutuelle de cadeaux protocolaires : un parapluie aux couleurs du pays pour Veylma Falaeo, qui a en retour offert à Virginie Ruffenach des Tao, ces armes de guerre wallisiennes, « car les femmes, chez nous, sont des guerrières ».

B.Z

 

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