Six membres du clan Weiko et de l’ONG Eniana ont été condamnés pour avoir ordonné à la famille Metzdorf de quitter sa propriété de Poya dans un délai d’un mois, en 2024. Dans une vidéo devenue virale sur Facebook, les prévenus avaient accompagné cet ultimatum de menaces de mort au nom d’un prétendu « acte légitime de proclamation de pleine souveraineté clanique, mythique et totémique ».
La défense avait plaidé la relaxe. Le tribunal a finalement retenu leur culpabilité. Six personnes appartenant au clan Weiko et à l’ONG Eniana ont été condamnées par le tribunal correctionnel de Nouméa à des peines allant d’une amende de 60 000 francs à quatre mois de prison avec sursis pour « menace de mort avec ordre de remplir une condition » à l’encontre de la famille Metzdorf.
Les faits remontent au 19 octobre 2024. Dans une vidéo publiée sur le groupe Facebook de l’ONG Eniana, qui compte près de 2 200 membres, six hommes apposent leurs empreintes digitales sur un « acte légitime de proclamation de pleine souveraineté clanique, mythique et totémique », présenté comme un « document notarial », tout en prononçant, à tour de rôle, la même phrase : « Je signe avec mon totem. » Au moment d’apposer sa signature, l’un d’eux déclare : « Content ou pas content, il va crever comme un chien. » Un autre ajoute : « Celui qui va à l’encontre va mourir. » Ce document exige la restitution de la propriété de la famille Metzdorf au clan Weiko et fixe un ultimatum d’un mois. Le 11 novembre 2024, Claude Metzdorf et son épouse, Yasmina Metzdorf, institutrice et ancienne maire de Poya, sont donc sommés de quitter les lieux. La vidéo devient alors virale. Les menaces ne sont pas prises à la légère par les autorités.
« Ce n’est que le début des revendications »
Lors de l’audience du 28 mai, les six prévenus avaient invoqué la coutume pour se dédouaner de toute responsabilité. « Nous n’avions aucune intention de faire du mal. Les esprits de nos totems s’en chargeront », avait déclaré l’un d’eux. Un autre avait affirmé que « les gardiens de l’invisible les pousseront un jour à partir ». Parmi les prévenus, Joseph Wananije, retraité de 69 ans et déjà condamné à de multiples reprises, avait prévenu que cet « acte légitime de proclamation de pleine souveraineté » avait « vocation à s’appliquer à tous les autres propriétaires terriens » du territoire. « Ce n’est que le début des revendications. »
Deux mois plus tard, vendredi, le tribunal correctionnel a rendu son délibéré. Les juges ont condamné les auteurs de ces menaces à des peines symboliques. Ils devront également verser 70 000 francs au titre du préjudice moral à Claude et Yasmina Metzdorf, ainsi qu’à leurs enfants, Nicolas, Charles et Cynthia Jan.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche



