Deux ans après les émeutes, l’économie peine toujours à retrouver son rythme d’avant-crise. En témoignent les données de l’Institut d’émission d’outre-mer (IEOM) sur la production et les taux de crédits au premier trimestre 2026, qui dressent un tableau nuancé : le rebond existe, mais il reste fragile et inégal.
Le crédit est souvent considéré comme le carburant de l’activité économique : quand les banques prêtent, les ménages consomment et les entreprises investissent. Il s’avère donc un indicateur de bonne ou mauvaise santé de l’économie. Quelle est sa dynamique au premier trimestre 2026 ?
Une production en hausse, mais encore loin de la normale
La production de crédits mesure le flux de nouveaux prêts accordés par les banques. Elle constitue un indicateur de l’activité économique : sa remontée, même partielle, signale que le circuit de financement recommence à fonctionner. Au premier trimestre 2026, ce flux total hors découverts atteint 22,2 milliards de francs, soit « seulement 49 % de sa moyenne des 10 années précédant les émeutes de 2024 » (45,6 milliards). Par rapport au trimestre précédent, la baisse est de 13,7 %, un recul que l’IEOM attribue à la saisonnalité, « la production de crédits du 4e trimestre étant généralement supérieure à celle du 1er trimestre ». En revanche, sur un an glissant, la tendance est clairement orientée à la hausse : +29,4 % par rapport au premier trimestre 2025. La production de crédits s’améliore donc au fil du temps, même si elle est encore loin d’être revenue à son niveau d’avant émeutes.
Ce contenu est réservé aux abonnés.
Connectez vous pour y accéder !


