Que retiendrons-nous des propos de campagne ? Rien de très gaullien, hélas : quelques banalités, un peu de vacuité, des discours de gens convaincus d’être les meilleurs et d’avoir les bonnes solutions pour une Calédonie exsangue et meurtrie. On retient surtout que ceux qui n’ont pas réussi à s’unir n’ont pas de mots assez durs à l’encontre de ceux qui y sont parvenus. Ainsi, les indépendantistes, dont les histrions se déchaînent sur leurs pages Facebook parfois créées pour l’occasion. Le centre ensuite, ou ce qu’il en reste, cette voie nouvelle dont certains attendaient beaucoup. Ils espéraient une force et c’était un puzzle, ils attendaient une alternative, et c’était un pis-aller. Un échec de l’union qui s’explique sans doute par le fait qu’il y avait trop de chefs et pas assez de place pour « cheffer » ! Ce centre dont les flèches se concentrent sur les Loyalistes jusqu’à les accuser même d’avoir une responsabilité dans l’insurrection qui nous a mis à terre. Mais ils ont beau tempêter, tonitruer, invectiver, la réalité politique ne se distord pas, en ce que l’union est chez les Loyalistes et le Rassemblement, porte-drapeaux des non-indépendantistes, et pas chez les autres. Certes, l’union n’assure pas le succès, mais elle a une allure, et c’est une proposition qu’il convient d’étudier, surtout si l’on se targue de trouver le meilleur avenir pour la Nouvelle-Calédonie. Ça n’est pas pour rien qu’il existe un dicton que le temps et l’histoire n’ont jamais fait mentir : l’union fait la force ! Et tous devraient relire la fable « Les enfants désunis du laboureur », dans laquelle Ésope écrit : « Autant l’union fait la force, autant la discorde expose à une prompte défaite ».
Nicolas Vignoles



