« Tein ! Tein outragé ! Tein brisé ! Tein martyrisé ! Mais Tein libéré ! Libéré par lui-même avec le concours de la justice de gauche, avec le concours et l’appui de la gauche tout entière ! » Pardon mon général de blasphémer ainsi votre si beau discours de l’Hôtel de Ville, mais avouez qu’il y avait du granguignolesque dans l’expression du président de la CCAT réagissant au non-lieu que « la justice coloniale », mais soudainement bienveillante, lui a octroyé. Les médias de gauche se sont enthousiasmés au fait que Bichou « s’exprimait » pour la première fois depuis la décision des juges, mais l’expression s’est révélée bien pauvre et relevait autant du spectacle, yeux écarquillés et main sur le cœur, que du n’importe quoi. Sans honte, la justice l’innocente, alors Tein feint de vouloir savoir qui sont les vrais coupables, menace l’État de porter plainte, et réclame des excuses de certains, comme sans doute de La voix du Caillou ! Christian Tein ose tout, c’est à cela qu’on le reconnait défendu par une palanquée d’avocats persuadés qu’ils sont les défenseurs de Mandela ou du pasteur King ! En attendant, ceux qui ont suivi Tein et les siens et qui, s’ils ne sont pas en prison, se retrouvent sans rien, trouvent sans doute que la justice est bonne fille avec leurs leaders, mais bon « selon que vous soyez puissants ou misérables » et l’on connaît la suite.
Nicolas Vignoles


