Un contexte « propice » à une attaque de requin

L’attaque de requin mortelle qui a touché dimanche en fin d’après-midi un homme pratiquant le wingfoil, semble avoir été malheureusement favorisée par un ensemble de facteurs connus. Retour sur le contexte avec le docteur Claude Maillaud, médecin généraliste, urgentiste et légiste et spécialiste de la faune marine dangereuse tropicale.

D’abord le manque de visibilité. Une heure entre chien et loup est particulièrement appréciée des squales pour perpétrer une attaque : « le requin a besoin d’approcher sans être vu », explique le docteur Claude Maillaud. « Il va donc privilégier les heures avec le moins de lumière, là où il possède un avantage sensoriel puisque lui détecte très bien sa proie ». Les statistiques mondiales démontrent que dans les hotspots d’attaques de requins, comme les Etats-Unis, l’Australie, l’Afrique du Sud ou encore la Réunion, les attaques surviennent le plus souvent au crépuscule, détaille Claude Maillaud.

Des particules odorantes susceptibles d’attirer certains requins

Pour le médecin légiste et spécialiste de la faune marine dangereuse tropicale, la turbidité de l’eau représente un autre facteur de risque connu : « Une mer trouble diminue elle aussi la visibilité, elle va donc être appréciée par le squale. Par ailleurs, les pluies vont charrier dans le lagon des matières organiques, des particules odorantes susceptibles d’attirer certains types de requins ». Les attaques de squales ont encore lieu le plus souvent durant les mois d’été. Enfin, même si cela n’est pas scientifiquement démontré, les foils sont réputés attractifs pour les requins : « On ne sait pas si la stimulation du squale est acoustique car le foil fait du bruit, ou si elle est visuelle, en tout cas ce sont les Hawaïens qui, les premiers, ont fait remonter que les utilisateurs de foils étaient souvent suivis par les requins. L’attaque de dimanche est la cinquième qui concerne un usager de foil dans les eaux de Nouméa ».

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Légende photo : Les requins tigres et les requins bouledogues ont eu tendance à se « sédentariser » dans le lagon calédonien.

Isabelle Peltier 

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