Naïma Moutchou a rendez-vous avec la Nouvelle-Calédonie. Et cela suscite autant d’attentes que d’espoirs. Mesurons donc ce qui pèse sur les épaules de cette jeune ministre, arrivant dans un territoire où le traumatisme est toujours visible et sensible, et les espérances aussi grandes que fragiles. Ça n’est pas une visite ministérielle comme les autres, en dépit d’un programme qui se veut conforme avec les habitudes ou les routines. On attend beaucoup, ce qui suscite logiquement quelques inquiétudes. La ministre des Outre-mer va tenter de renouer un dialogue que le FLNKS tient à bout de gaffe, tant qu’on ne dialogue pas de Kanaky. Et le monde économique attend des annonces fortes dont on ne sait si l’État peut les assumer. Souhaitons que Naïma Moutchou sache ce qu’elle veut faire de ce voyage, et que ses intentions soient claires. Car le temps presse, les délais se resserrent et Bougival, dont on attend tant, se fragilise chaque jour davantage. Il faudra donc, lorsque la ministre reprendra son avion pour Paris, que l’on sache où l’on en est et où l’on va, et qu’il n’y ait plus de faux-fuyants ni d’incertitudes pour que l’on marche enfin vers l’avenir. Cela fait si longtemps qu’on nous le promet depuis qu’il a été dit trois fois non à l’indépendance. Un rendez-vous tel que celui auquel nous convie la ministre des Outre-mer ne peut pas se manquer, il pourrait en effet ne pas y avoir de seconde fois.
Nicolas Vignoles



