En politique, la punchline est l’argument suprême, celui auquel on n’a rien à opposer tant il est d’évidence. Le général de Gaulle était passé maître dans l’art de la répartie : « la carrière de dictateur » ou « l’Europe, l’Europe, l’Europe », pour ne citer que celles-ci parmi les plus connues. Il faut évidemment bien en user, mais lorsque c’est le cas, ces petites phrases portent mieux et plus loin que bien de longs discours et explications. Un gain de temps politique et d’intelligence aussi. En Nouvelle-Calédonie, dans un contexte de contre-vérités et de manipulations, dénoncé même par Manuel Valls, il est des arguments chocs qui font mouche et referment le débat. Interrogé au Journal Télévisé dimanche soir, sur le fait de savoir si, après que le Conseil constitutionnel ait jugé que le gel du corps électoral était constitutionnel, ça n’était pas ça la démocratie que de respecter la règle constitutionnelle, le député Nicolas Metzdorf a donc eu cette punchline : « Vous savez ce qu’il y avait dans la Constitution avant 1946 ? Le fait que seuls les hommes avaient le droit de voter. C’était constitutionnel que les femmes ne votent pas. Quand la Constitution est mauvaise, il faut la changer, donc il faut changer la Constitution pour permettre aux Calédoniens de voter chez eux ». Fermez le ban !Â
Nicolas Vignoles



