À l’heure où vous lirez ces lignes, le gouvernement Lecornu II aura peut-être vécu, balayé par le sport national des parlementaires qu’est la censure. Quoi qu’il advienne, nous vivons un peu éberlués, une période politique sans précédent dans notre histoire récente. La question est de savoir si la France d’aujourd’hui a les reins assez solides pour vivre de tels événements, habituée qu’elle était au ronronnement institutionnel, mais bénéfique, qu’offrait la Constitution de la Ve République. Et ce dans un environnement mondial perturbé et angoissant, et une crise économique dont nous ne mesurons plus l’ampleur. Ce moment français est si inédit, et rend perplexe le monde entier, que certains esprits y voient même les prémices d’une révolution, c’est dire ! Pendant ce temps, la Nouvelle-Calédonie retient son souffle, accrochée qu’elle est à l’accord de Bougival devenu une bouée dans la tempête, espérant que les remous nationaux ne viennent pas l’emporter loin du rivage. Cette impression d’être spectateur de son destin, alors même que nous tentons de dessiner notre avenir, donne le vertige, mais aussi la nausée. Nos anciens ont sans doute connu les mêmes angoisses existentielles, mais eux c’étaient aux aubes des conflits mondiaux. C’est dire à quel point la situation dans laquelle nous nous trouvons est extraordinaire et périlleuse.
Nicolas Vignoles




