A en voir et à entendre ses réactions, tout porte à croire que Manuel Valls ne s’attendait pas à ne pas être reconduit dans ses fonctions de ministre des Outre-mer. A fortiori s’il l’avait été dans le gouvernement Lecornu I. Alors il fait part de son désappointement de n’avoir pas été conforté pour achever des dossiers qu’il avait lui-même initiés. En Calédonie même, les signataires de Bougival, ceux qui ont maintenu leur signature, plaidaient pour qu’il poursuive le travail. Las, tout porte à croire que Manuel Valls a été « sacrifié » sur l’autel des réalités, et n’a-t-il pas été reconduit pour ne pas trop déplaire aux socialistes, aux yeux desquels il a trahi, afin que ces derniers ne votent pas les censures déposées ou s’abstiennent. A Naïma Moutchou de s’attaquer à la tâche, et elle sera rude tant les difficultés ne manquent pas. Mais on peut faire confiance à cette femme de caractère qui n’en manquera sans doute pas pour faire avancer les choses, en particulier sur Bougival, n’en déplaise au FLNKS, dont le président s’est fait une spécialité d’adresser des épitres au monde entier pour fulminer et menacer. La politique est affaire de continuité et de rupture, il faut juste bien savoir doser entre l’une et l’autre, c’est ce que l’on attend de la nouvelle ministre des Outre-mer.
Nicolas Vignoles




