Pétitionner devant la 4e commission de l’ONU est un exercice particulier et impressionnant, en raison notamment de la pompe et du décorum onusiens, et des conditions dans lesquelles cela se déroule. Le temps est minuté, il faut lire vite et de manière compréhensible, et rien ne se passe, ni réponse ni commentaire. Les indépendantistes sont rompus à l’exercice, eux qui ne manquent aucun de ces rendez-vous. Du temps du RPCR, qui avait de l’ONU la vision gaulliste du « machin », il était dédaigné, mais depuis quelques années, les non-indépendantistes ont pris conscience de la nécessité de porter la voix de la Calédonie française sur le plan international, mais aussi de remettre la vérité au centre des Nations Unies. A l’ONU, comme cela a encore été le cas cette année, le cœur du discours indépendantiste est la victimisation et la dénonciation de la France « coloniale », en lutte avec l’appétence à la liberté de Kanaky. C’est de bonne guerre dans ce genre d’enceinte, même si mensonges et contre-vérités énervent et lassent. Et même l’ONU n’est pas dure. Organisation dont pour chacun des trois référendums, des émissaires ont été envoyés et n’ont jamais trouvé à redire aux conditions d’organisation et de tenue du référendum, pas plus qu’aux résultats. De même qu’elle n’est pas ignorante de l’état dans lequel l’insurrection de la CCAT a mis le pays. Mais bon, faut bien pétitionner.
Nicolas Vignoles




