A quelques jours de l’arrivée de Manuel Valls, le FLNKS a posté un message sur sa page Facebook concernant le corps électoral.
« Le FLNKS réaffirme son opposition ferme au dégel du corps électoral », c’est en tout cas ce qu’affirme un post publié sur la page Facebook « FLNKS-Officiel ». Si l’on en croit cette page « contrairement à ce qui est parfois affirmé, la citoyenneté calédonienne n’est pas fermée. Elle repose aujourd’hui sur le droit du sang, et le FLNKS a proposé dès 2018 dans son projet de société, l’introduction du droit du sol pour les natifs du pays. Cela signifie que la citoyenneté calédonienne s’enrichira naturellement, génération après génération, par les enfants de citoyens et les natifs du pays, sans exclusion ».
Un coup de pression
Donc le FLNKS est évidemment partisan de l’inscription des natifs, mais fermement opposé à toute ouverture. « En revanche, dit le post, le FLNKS refuse le principe de naturalisation massive, qui viendrait fragiliser le projet d’émancipation issu de l’Accord de Nouméa, en permettant à des résidents récents de peser sur l’avenir politique de la Nouvelle-Calédonie. Dans un processus de décolonisation, on ne bâtit pas une citoyenneté sur la seule résidence ou la fiscalité. On la fonde sur l’histoire, l’ancrage, le respect mutuel. Ouvrir aujourd’hui trop largement ce corps électoral, c’est risquer de diluer l’identité citoyenne calédonienne, au moment où nous devons au contraire renforcer les liens entre les communautés et construire un avenir partagé ». Donc, pour le FLNKS cette citoyenneté restreinte, mais qu’il qualifie d’ouverte et « fondée sur l’ancrage et la transmission, est un socle solide pour construire un destin commun ».
La publication de ce post à quelques jours de l’arrivée de Manuel Valls, et des discussions qui doivent avoir lieu en particulier sur le corps électoral, apparait surtout comme un coup de pression, alors qu’il semblait, à en croire les uns et les autres, qu’un compromis était possible sur cette question.
Nicolas Vignoles