Le vendredi 28 mars, les élus du Congrès vont examiner le budget 2025 de la Nouvelle-Calédonie. Lui aussi est placé sous le signe de la rigueur et de l’austérité…
Il a fallu un délai supplémentaire de vingt-quatre heures, pour que les membres du gouvernement (par 6 voix et 5 abstentions, celles des indépendantistes) adoptent, mercredi, le projet de budget primitif 2025. Si ce budget (205,7 milliards de francs) est équilibré, ça n’est que grâce à l’intervention de l’État et à son prêt garanti de 119,3 milliards. Mais cela n’exonère pas l’exécutif de procéder à des coupes sombres. Les recettes fiscales ayant diminué de près de 9%, le budget de répartition qui profite aux communes et aux provinces oblige à une baisse des dotations de 28%. Les dotations pour les collectivités diminuent de 6,9 milliards pour les provinces, de 3,1 pour les communes et de 2,4 milliards pour la Nouvelle-Calédonie. À noter que pour soutenir les communes, la Nouvelle-Calédonie sur son budget propre va leur verser une subvention exceptionnelle globale de 1,5 milliard.
Un équilibre forcé
Ce budget 2025 de la Nouvelle-Calédonie est marqué par une baisse de 1,2% de la masse salariale, la maîtrise et la stabilité des charges courantes à 5 milliards, ou encore une baisse de 10,2 milliards des dépenses d’interventions. Concernant l’investissement, le budget prévoit une hausse des dépenses d’équipement de 7,2 milliards, soit +22%. Il est donc équilibré grâce à un emprunt contracté au près de l’AFD (Agence française de développement) de 119,3 milliards sur la période 2025-2027, dont 94,6 milliards seront disponibles dès cette année. Mais au chapitre des dépenses obligatoires, et c’est sans doute ce qui fera à nouveau débat au Congrès le 28 mars, la Nouvelle-Calédonie est contrainte dès cette année de rembourser une dette de 52,8 milliards, dont 1,8 milliard pour les prêts Covid, 3,5 milliards de remboursement de la dette dite « classique » et surtout les 46,6 milliards de gestion de crise 2024, c’est-à-dire les avances remboursables de l’État. Et à cela s’ajoutent les 3 milliards d’intérêts du prêt.
On connaît les oppositions aux conditions imposées par l’État (réforme de la fiscalité et du modèle économique), en échange de son aide. Il en sera à nouveau question vendredi prochain, boulevard Vauban. Le gouvernement Ponga a d’ailleurs réaffirmé son opposition à ces conditions imposées par Bercy, expliquant que ces réformes nécessaires ne pourraient être proposées que lorsque l’économie calédonienne sera certaine du sursaut et de la relance.
Nicolas Vignoles