Le FLNKS au sortir d’un congrès reporté

Ça aura été l’évènement politique du week-end : la suspension puis le report du congrès extraordinaire du FLNKS. Jamais dans son histoire, le Front ne s’était retrouvé dans une position aussi délicate et inconfortable.

Bien difficile de savoir et de comprendre ce qui s’est passé à la tribu de Netchaot à Koné. L’explication officielle qui nous a été donnée est que face à l’afflux de militants de la CCAT au congrès, le comité organisateur et les coutumiers de l’endroit ont demandé le report de la réunion. Les coutumiers insistants par ailleurs pour que tous les barrages soient levés pour le bien-être de la population (ils n’ont pas été entendus).

Coup de force ?

Répétons-le, ce congrès s’est organisé dans des conditions particulières avec multiples barrages, service d’ordre mobilisé et fouille des participants, y compris des leaders, à l’entrée. Comme si, convenons-en, les organisateurs craignaient quelque chose. Ce quelque chose qui aurait été la prise du pouvoir de la CCAT sur le FLNKS. Les débats ont été tendus, notamment parce que l’Union calédonienne, créatrice de la CCAT, souhaitait que la cellule soit intégrée au FLNKS, position à laquelle le Palika s’est opposé mordicus. Et par ailleurs, comme nous le relations dans notre édition de lundi, le responsable de la CCAT Christian Tein, haranguant les militants, n’a pas caché que si le désir de ceux-ci était de « prendre le FLNKS » et bien la CCAT « l’assumerait ». La CCAT, y compris dans sa motion de l’AG d’Azareu, ne cesse de vilipender les responsables du FLNKS, assurant qu’ils ne sont plus représentatifs du peuple kanak. La « prise du FLNKS » s’inscrirait dans cette logique. Il a également été relaté que les responsables de l’Union calédonienne s’étaient présentés à Netchaot avec quelque trois heures de retard, une coutume d’excuse a même été faite. Pourquoi trois heures de retard à un rendez-vous fixé à l’avance ? Où étaient les responsables du parti pendant ces trois heures ? Aucune explication n’a été fournie. On savait que de fortes dissensions secouaient le FLNKS, mais ce congrès raté marque une étape capitale dans le fonctionnement indépendantiste. Et l’on pourrait présupposer que, plus que jamais, c’est la CCAT qui a la main. En attendant, aucun accord n’a été trouvé quant à la suite de ce qui se passe en Nouvelle-Calédonie, pas plus que pour les élections législatives pour lesquelles le FLNKS part en ordre, non pas dispersé, mais éclaté.

Nicolas Vignoles

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