Les maladies cardiovasculaires, un enjeu (aussi) féminin

Au lendemain de la journée internationale des droits des femmes, le gouvernement, la ville du Mont-Dore et l’association Agir pour le cœur des femmes, se mobilisent ce samedi au centre culturel de Boulari, pour sensibiliser les Calédoniennes sur les maladies cardiovasculaires, deuxième cause de mortalité féminine sur le Caillou.

« Chaque jour, elles tuent 200 femmes en France et 25 000 femmes dans le monde ». Elles, ce sont les maladies cardiovasculaires, qui représentent aujourd’hui la première cause de mortalité féminine en France et dans le monde, selon les chiffres communiqués par Santé publique France et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Sur le Caillou, elles occupent le deuxième rang de ce triste palmarès, derrière les cancers. Car, contrairement à une croyance toujours tenace, les femmes ne sont pas épargnées. Du moins, plus maintenant.

C’est pourquoi le gouvernement, accompagné par la Ville du Mont-Dore et l’association Agir pour le cœur des femmes, a décidé d’axer la journée internationale des droits des femmes sur « le droit à être en bonne santé ». Avec, en première ligne, cette question des maladies cardiovasculaires. « Il faut faire de la prévention et de l’information auprès des Calédoniennes afin d’améliorer la prise en charge », avance Isabelle Champmoreau, vice-présidente du gouvernement.

Pour l’angiologue Souad Sediri, ambassadrice de l’association Agir pour le cœur des femmes, le constat est sans appel. « Les femmes ne consultent pas assez rapidement lorsqu’elles ont des symptômes, dit-elle. On pense souvent que les femmes sont protégées par leurs hormones (œstrogènes et progestérone, NDLR). Mais, en fait, elles sont exposées de plus en plus jeunes aux facteurs de risque », notamment en raison de l’émancipation de la femme dans la société. Parmi ces facteurs, qui sont « beaucoup plus grave que chez les hommes », on retrouve notamment « le tabagisme, le cholestérol, le diabète, le surpoids, l’apnée du sommeil, l’hypertension artérielle et le stress socioprofessionnel ». « Ensuite, les femmes ont également des risques spécifiques en lien avec la grossesse ou avec la ménopause et la chute des hormones protectrices », détaille-t-elle.

Des symptômes « atypiques »

Dès lors, comment expliquer cette faible prise en charge alors que les femmes seraient, finalement, encore plus exposées à ce problème de santé ? Les symptômes « particulièrement atypiques » et « complètement différents » en fonction des sexes sont une des explications avancées. « Un infarctus du myocarde ne donnera pas forcément une douleur thoracique, une irradiation dans le bras et dans la mâchoire », poursuit la spécialiste, qui liste « les sensations de malaise qui perdure », « les cauchemars », « les essoufflements » ou « les problèmes digestifs » comme signaux d’alerte à prendre en compte. « Tous ces symptômes, c’est souvent quelque chose de méconnu du grand public », précise Souad Sediri.

C’est pourquoi, l’association Agir pour le cœur des femmes veut « anticiper, alerter, agir ». « Il y a une santé pour tous évidemment, mais il y a des spécificités sur la santé des femmes qu’il faut prendre en compte », conclut Isabelle Champmoreau.

Claire Gaveau

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