Le dossier calédonien est compliqué par essence même. Il l’a toujours été, cela ne date pas d’hier. Mais force est de constater qu’en ce moment, il devient particulièrement illisible. D’abord parce qu’on ne sait plus qui y fait quoi. Le 12 juillet dernier, constatant que tout le monde avait signé l’accord tant espéré des Calédoniens, on se disait en notre for intérieur que nous étions enfin tirés d’affaire, après tout ce temps perdu et une insurrection. Mais depuis le 12 juillet, tout part en capilotade, parce que personne, ni au gouvernement, ni au Parlement, ni au sein de certains partis politiques calédoniens, n’a eu le courage d’imposer la réponse qu’il fallait au FLNKS ayant retiré sa signature. Depuis, les mêmes hésitent, tergiversent, rencontrent, parlementent, amadouent sans aucun autre résultat que de prendre le risque de faire de Bougival un lointain souvenir. Ce sont les mêmes qui ont été incapables de tirer la conclusion qui s’imposait des trois référendums, qui disait clairement que la Nouvelle-Calédonie ne voulait pas de l’indépendance, et que ce non clôturait un accord de Nouméa qui n’avait que trop duré et qui nous a fait tant de mal. Si nous en sommes là où nous en sommes, c’est-à -dire embourbés dans les peurs et les compromissions, c’est parce que là où il fallait, et où il faut toujours, du courage, beaucoup en manquent singulièrement.
Nicolas Vignoles



