Rencontre avec… Frédéric Pomarel

Nous avons fait le point sur la saison avec l’ancien sélectionneur de l’équipe de France de rugby à VII et actuel directeur technique des ligues d’Outre-mer au sein de la FFR.

Vous êtes de retour sur le Caillou, trois mois après votre dernier séjour. Quelle est la raison de votre venue ?

Frédéric Pomarel : Je suis passé en fin de saison sportive et je reviens en début de saison sportive. Ce sont des moments importants pour bilanter ou pour être dans la perspective. Il y a, en plus, des changements de personnes qui travaillent sur le territoire calédonien. A savoir, le départ à la retraite de Gilles Estève, le Conseiller technique de la Ligue (CTL), qui sera remplacé par Jean-Pierre Rey. Ce dernier sera désormais le CTL de Nouvelle-Calédonie et de Wallis-et-Futuna. On se devait de l’accompagner dans ces premiers pas sur le territoire. Il y a également le redémarrage des élites jeunes, avec le Pôle espoirs. Je viens donc pour voir comment cela se passe et pour accompagner les acteurs locaux. On est à la croisée des chemins donc je suis venue faire le point.

Vous avez notamment effectué un passage à Wallis-et-Futuna. Comment cela s’est-il passé ?

FP : Avec Jean-Pierre Rey, on a passé quatre jours à Wallis en compagnie d’Etuato Mulikihaamea (le président de la Ligue). Je suis très content, on a réalisé un écrit qui s’appelle le plan d’orientation stratégique pour les quatre prochaines années. C’est un écrit qui a déjà été fait ici, en Calédonie. Ce voyage permet également de renforcer encore un peu plus les liens entre les deux territoires. On a encore des choses à fluidifier, il faut aller encore un peu plus loin. Cela va être le cas notamment avec le lancement plus que probable de « Génér’action », entre la Calédonie, Wallis et la Polynésie (La première édition, annoncée en novembre lors des Jeux du Pacifique aux Salomon, doit avoir lieu sur le Caillou en avril 2024, NDLR).

Gilles Estève était jusqu’à présent basé à Bourail. Cela sera-t-il toujours le cas ?

FP : Non, on va l’implanter à Nouméa. Cela ne veut pas dire qu’on va délaisser les clubs de la province Nord et de la province des Îles, aucont raire. On veut travailler autrement, on veut travailler d’une meilleure façon. On a conscience qu’on a des difficultés dans le soutien et dans l’encadrement des clubs, mais on veut aussi réunir notre équipe technique à Nouméa, qui représente tout de même plus de 80% du rugby calédonien. On voulait initialement amener de la proximité avec les clubs du Nord, mais on a créé de l’éloignement avec ceux du Sud et avec la Ligue. Sur le plan fonctionnel, administratif et politique, ce n’est pas la meilleure idée qu’on ait eue.

Le Pôle espoirs a également enregistré le départ de Raphaël Steyer, qui occupait la fonction de manager depuis plus d’un an et demi…

FP : Son départ était connu et a été préparé. Ce sera Thierry Picard, un cadre technique qui a notamment entraîné les équipes de France féminine, qui connaît les élites jeunes et qui a déjà accompagné des jeunes dans des structures de haut-niveau. Il arrivera au mois d’avril sur le territoire. On aurait aimé qu’il arrive plus tôt, mais c’est un voyage qui se prépare donc Jean-Pierre Rey va pallier cette absence au sein du Pôle espoirs sur les deux premiers mois. Sans oublier les acteurs locaux, comme Ophélie Boudon et Sylvain Mafutuna.

Avec ces départs, comment conserver cette continuité dans le travail entrepris ? Est-ce une source d’inquiétude pour la Fédération ?

FP : Non, car on travaille ensemble. Pour le recrutement de ces personnes, Grégory Armien (le directeur de la Direction de la Jeunesse et des Sports) était présent dans le jury et c’est bien la Ligue, même si cela est financé par la FFR, qui a le dernier mot. On construit ces recrutements ensemble. La Fédération ne choisit pas, mais elle impose des critères d’éligibilité et de compétences. De plus, tous les territoires ont besoin d’un renouvellement. Parce que les idées et l’énergie s’effilochent avec le temps. Ces changements sont, selon moi, une vraie opportunité. Ils apporteront leur pierre, ils seront une étape dans le rugby calédonien.

Le Comité régional, à l’image des autres ligues, doit organiser prochainement une assemblée générale élective. Quels sont vos liens actuels ?

FP : Nous, on est complètement hors de ces questions d’élection. Ce que je peux dire, c’est, qu’aujourd’hui, la Ligue est en phase avec la Fédération. Nous avons renoué un contact très positif, c’est de la construction permanente. Il y a une vraie franchise. Mais, encore une fois, les Calédoniens sont libres du choix qu’ils feront lors de l’élection. Et, quoi qu’il arrive, la Fédération accompagnera la Ligue.

La Section Paloise a annoncé sa volonté de lancer une succursale sur le territoire afin d’accompagner les jeunes vers le haut-niveau. Quelle est la vision de la Fédération sur cette nouvelle implication ?

FP : On est de nature optimiste, donc tout ce qui peut apporter des choses positives au rugby calédonien est forcément bienvenu. La Section Paloise s’est manifestée auprès de nous, et je la remercie sincèrement car tous les clubs ne le font pas. Leur envie d’aider le rugby calédonien est noble, mais nous sommes dans une réflexion collective. Il n’y a aucune porte de fermée au sein de la Fédération, mais on se permettra de mettre quelques petits garde-fous à ce projet afin de ne pas déséquilibrer le rugby local, comme ce fut le cas à d’autres moments. On ne veut pas qu’il y ait de concurrence avec le Pôle espoirs. Il faut éviter qu’il y ait plus d’inconvénients que d’atouts. Il faudra mesurer ce que ça apporte et ce que ça coûte, et ça, on le fera ensemble. Mais, la démarche de Pau est très ouverte, très franche et très face à face. Et ça, dans le rugby, on aime bien !

Propos recueillis par Claire Gaveau

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