Rencontre avec… Fabrice Dufresne

Directeur de l’agence Institut d’émission d’outre-mer (IEOM) de Nouméa, Fabrice Dufresne revient sur la situation économique calédonienne : partenariat avec l’UNC, défaillances d’entreprises, surendettement et perspectives de reprise. 

La voix du Caillou : Pouvez-vous nous expliquer le partenariat récemment signé avec l’UNC ? 

Fabrice Dufresne : Ce partenariat s’inscrit dans une stratégie plus large d’éducation économique et financière que nous déployons avec la Banque de France et l’Institut d’émission des départements d’outre-mer dans l’ensemble des territoires. L’IEOM, en tant que banque centrale du Franc Pacifique, a pour mission d’apporter des connaissances économiques à la population, notamment aux jeunes. On se rend compte que la matière économique est très peu connue par l’ensemble de la population française, et c’est important de préparer les jeunes à leur vie future en leur donnant les fondamentaux de gestion budgétaire, notamment dans le cadre de la prévention du surendettement. Dans cette convention avec l’UNC, nous nous focalisons sur nos cÅ“urs de métier : la politique monétaire, la surveillance des systèmes et moyens de paiement, et des notions macroéconomiques générales comme l’inflation, le PIB, l’épargne. Nous mettons à disposition nos données économiques et bancaires pour permettre aux chercheurs de l’UNC de conduire des travaux de recherche sur des thématiques qui intéressent à la fois l’IEOM et l’université. Il y a également un volet d’insertion professionnelle, avec des offres de stages et la possibilité pour l’UNC de répondre à nos appels d’offres. C’est une convention non financière, basée sur un échange équilibré. Tout ce que nous donnons en termes d’outils pédagogiques est accessible librement, et les services que peut rendre l’UNC, comme la mise à disposition de salles, sont gratuits. La conférence que nous avons organisée le 1er décembre avec Agnès Benassi-Quéré, deuxième sous-gouverneure de la Banque de France, s’inscrivait dans ce partenariat. 

LVDC : Concernant les défaillances d’entreprises, on observe une hausse après trois trimestres de baisse. Comment l’expliquez-vous ? 

FD : Il faut rappeler qu’en 2024, nous avions recensé 346 défaillances, comprenant les redressements et liquidations judiciaires, contre 400 en 2023. Cette baisse s’explique par tous les dispositifs de soutien mis en place : le Fonds de Solidarité de l’État, le chômage partiel cofinancé État-territoire, et les moratoires pour sauvegarder la situation des entreprises. Au deuxième trimestre 2025, nous avons observé une hausse assez sensible avec 121 défaillances, puis une légère baisse à 98 au troisième trimestre. Il y aeffectivement une progression des défaillances en 2025 par rapport à 2024. Il faudra attendre le bilan complet de l’année 2025 pour avoir une vision d’ensemble, mais la tendance à la hausse est claire.

Ce contenu est réservé aux abonnés.

Connectez vous pour y accéder !

Propos recueillis par Claire Rio-Pennuen 

Fil d'actualité

Football : un grand espoir s’envole à Tahiti

Kyllian Wiako, âgé de seulement 19 ans, a décidé...

Football : l’AS Magenta, l’ode au travail bien fait

S’il n’est pas (encore) champion, et qu’il ne le...

Il blanchissait au casino les recettes de son trafic de cannabis

En interpellant quatre personnes, dont deux mineurs, les enquêteurs...

Newsletter

Inscrivez vous pour recevoir chaque semaine notre newsletter dans votre boîte de réception.

L’association Que Choisir Ensemble réclame un audit sur les pannes à répétition d’Aircalin

L’association demande au gouvernement de faire la lumière sur les incidents techniques qui ont « explosé » sur la flotte d’Aircalin depuis l’ouverture de la...

Football : un grand espoir s’envole à Tahiti

Kyllian Wiako, âgé de seulement 19 ans, a décidé de quitté l'AS Magenta pour rejoindre l'AS Tiare, à Tahiti. Si l'AS Magenta est l'un des...

Football : l’AS Magenta, l’ode au travail bien fait

S’il n’est pas (encore) champion, et qu’il ne le sera peut-être pas, l’AS Magenta a rappelé ce samedi, au travers de sa folle « remontada »...