La cour d’assises a étudié la personnalité de ce sexagénaire, jugé pour l’homicide volontaire d’un jeune de 24 ans qui était venu sur sa propriété pour lui voler sa voiture, en février 2021 à Boulouparis. Ce retraité de la SLN a évoqué un tir « réflexe ».
Il s’était préparé à vivre une retraite paisible dans sa jolie maison à Port-Ouenghi, ses coups de chasse et de pêche avec ses copains et son fils, et tout a basculé. Dans la nuit du 3 au 4 février 2021, Jean-Louis P., 57 ans à l’époque dont 35 passés àla S LN, a ôté la vie d’un jeune de 24 ans qui était en train de faire le guet au pied de son habitation pendant qu’un complice s’affairait à dérober son pick-up Nissan Patrol. Alors que la pluie s’abattait sur Port-Ouenghi cette nuit, au lendemain du passage d’une dépression tropicale, le sexagénaire avait entendu des bruits suspects sous son carport avant de sortir de chez lui muni d’un fusil de calibre 270 et d’ouvrir le feu, arme à l’épaule, sur une silhouette dans « un réflexe de chasseur », a-t-il déclaré à la cour d’assises qui le juge depuis lundi matin pour deux jours. Son arme avait été rangée sous son lit « en raison du grabuge de ces derniers temps », faisant référence aux tensions autour des référendums d’autodétermination et du conflit de l’usine du Sud.
Moins de dix secondes après le premier tir qui s’est avéré fatal, Jean-Louis P. avait utilisé son arme une seconde fois en direction de l’autre voleur qui prenait la fuite de sa propriété, attendu par un troisième complice dans une voiture volée. A quelques mètres de là, Stéphane M., 24 ans, est mortellement touché.
Si l’accusé a pu exprimer sa honte en garde à vue, il a renouvelé ses regrets à l’audience. « On n’est pas là pour faire la loi ou les shérifs », a-t-il exprimé, indiquant qu’il avait toujours refusé les invitations de ses voisins de Port-Ouenghi à rejoindre les rondes et les surveillances nocturnes des habitants de ce lotissement isolé contre les actes de délinquance.
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