« Un temps oĂ¹ on Ă©coute avant de rĂ©pondre », c’est la phrase d’introduction Ă sa visite, prononcĂ©e avec respect et humilitĂ©, par NaĂ¯ma Moutchou au SĂ©nat coutumier. C’est beau comme de l’antique, mais ça interroge. Car en Nouvelle-CalĂ©donie, ça fait une paye que l’on Ă©coute et que l’on attend des rĂ©ponses, surtout lorsque l’une des rĂ©ponses apportĂ©es aux questions aura Ă©tĂ© de dire trois fois non Ă l’indĂ©pendance. Et puis, si l’on est prĂªt Ă Ă©couter, on a aussi entendu. Et ce que nous avons entendu, il n’y a encore pas si longtemps de cela, ce sont les cris de haine, les violences et les destructions. Du coup, pour nombre de CalĂ©doniens engluĂ©s dans l’angoisse d’un avenir incertain, c’est de dire qu’après avoir beaucoup Ă©coutĂ©, il est justement venu le temps des rĂ©ponses, et des rĂ©ponses claires. Mais l’État est-il prĂªt aujourd’hui Ă nous apporter ses rĂ©ponses, et qu’elles soient justes, dĂ©mocratiques et rĂ©publicaines ? Les problĂ©matiques institutionnelles et Ă©conomiques nous les connaissons, et pour certaines cela fait plus de quarante ans que nous cherchons Ă les rĂ©soudre. Ainsi, il n’est pas inconvenant de penser que les rĂ©ponses s’imposent dĂ©sormais. On nous dit de chercher encore un chemin, pourquoi pas ? Mais pas trop longtemps car tout a dĂ©jĂ Ă©tĂ© dit et fait. Et pas n’importe lequel, sauf Ă vouloir que la Nouvelle-CalĂ©donie soit tellement sui generis qu’on la pousse hors de France Ă son corps dĂ©fendant. Donc Ă©coutons en effet, et surtout rĂ©pondons.
Nicolas Vignoles



