Rencontre avec… Naïma Moutchou

Une nouvelle-fois, les jours qui viennent seront décisifs pour la Nouvelle-Calédonie. On attend, en effet, la réunion de la Commission mixte paritaire, puis l’examen par le Sénat et l’Assemblée nationale du texte sur le report des élections provinciales. A la veille de cette semaine, Naïma Moutchou, ministre des Outre-Mer dans le gouvernement Lecornu 2, a répondu aux questions de La voix du Caillou. Elle a précisé devant la représentation nationale qu’elle sera « bientôt en Calédonie », début novembre, et est revenue sur sa volonté de dialogue avec le FLNKS. Elle souligne enfin l’implication de la France dans la reconstruction économique.

La voix du Caillou : Après le rejet de la proposition de loi par l’Assemblée nationale, quelle est votre analyse des difficultés et des atouts du processus de Bougival ?

Je veux être très claire : l’accord de Bougival n’est pas la fin du processus engagé depuis 1988, mais bien une nouvelle étape sur la voie de la décolonisation et de l’émancipation. Ce processus est exigeant, car il s’inscrit dans une histoire longue, sensible, parfois douloureuse. La qualité du dialogue entre les partenaires, la recherche du consensus et le respect mutuel sont, à mes yeux, les clés de la réussite. Les partenaires calédoniens ont su aller très loin dans les concessions réciproques : cinq délégations sur six continuent de soutenir cet accord — UNI, Palika, Loyalistes, Rassemblement, Calédonie Ensemble et Eveil Océanien — soit près de 80 % des sièges du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. C’est un socle politique solide, qu’il faut désormais consolider et faire vivre.

Quel est votre point de vue sur la signature, puis le rejet de l’accord par le FLNKS ?

Je ne veux pas faire sans le FLNKS, encore faut-il que le FLNKS ne fasse pas sans les autres. L’enjeu n’est pas d’exclure, mais de ramener l’ensemble des acteurs autour de la table, dans un esprit de responsabilité. Il ne s’agit pas d’effacer ce qui a été négocié, mais de consolider et d’enrichir le processus en tenant compte des sensibilités de chacun. Ma méthode sera celle du dialogue, de la constance et du respect. Rien ne doit être brusqué. Lors de mon prochain déplacement en Nouvelle-Calédonie, je rencontrerai l’ensemble des partenaires pour examiner les modalités de mise en œuvre de l’accord. Cela ne signifie pas tout remettre à plat, mais compléter, éclairer et préciser certains points. Je sais que des marges de manœuvre existent. L’histoire calédonienne l’a montré : le dialogue a toujours su ouvrir des chemins.

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Propos recueillis par Jean-Marc Chevauché, correspondant à Paris

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