On a signé un pré-accord que l’État a transformé à l’insu de notre plein gré, en accord. C’est le mantra que déroule l’UC-FLNKS pour dénoncer Bougival, dénonciation à laquelle s’ajoutent : le passage en force, le report des provinciales, l’absence de consensus. « Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage », dit l’adage qui s’applique à la situation, où tous les prétextes sont bons pour renier une signature et s’opposer frontalement. Sauf que l’UC-FLNKS est seule face au reste des signataires à défendre cet argument, et sur ce point il y a bien un large consensus à la fois sur Bougival et le report des élections. Le FLNKS évolue désormais sur une ligne de crète bien étroite, au risque de se précipiter dans le vide, en dépit de la corde que lui déroulent et lui tiennent l’extrême-gauche, et même le Rassemblement National dont on ne comprend plus la position, lui qui semble abandonner les patriotes calédoniens aux risques de l’abandon et de l’effondrement. Mais on a compris que pour le parti de Marine Le Pen, la stratégie de l’anti-Macron allait jusqu’au bout, même et y compris au détriment des Calédoniens. Bougival évolue donc, fragile et menacé, comme on pouvait le craindre, balloté qu’il est par les ambitions électorales ici comme en métropole, le jouet des stratégies du chaos dont tant d’égos souhaitent profiter.
Nicolas Vignoles



